Vendredi soir, des milliers de personnes ont défilé dans les rues de Tirana pour protester contre un projet touristique controversé en lien avec Ivanka Trump et Jared Kushner. Cette agitation, qui perdure depuis presque deux semaines, met en lumière une increasing méfiance populaire envers le gouvernement d'Edi Rama.
Le projet en question prévoit la construction d'un complexe de luxe près d'une lagune où se trouvent de nombreuses espèces d'oiseaux, y compris des flamants roses. Toutefois, la colère des manifestants ne se limite pas à cette question environnementale; elle touche également à la gouvernance du pays. Les protestations demandent des réponses et la démission d'un Premier ministre en poste depuis treize ans.
Un projet controversé qui aggrave les tensions
La situation s'est intensifiée avec l'émergence de barbelés sur les plages d'une réserve naturelle, une étape jugée inacceptable par les citoyens et les groupes écologistes. Kaltrina Hyka, représentante d'Eco Albania, a déclaré : "Le problème n’est pas tant la construction, mais l’opacité et l'absence de responsabilité de la part des autorités".
En réponse à cette fronde, Edi Rama a essayé de justifier ses choix lors d'un discours. "L'Albanie n'est pas à vendre", a-t-il clamé face à ses partisans, mais les slogans hostiles continuent de résonner dans la ville. Nombreux sont ceux qui crient "Rama démission", mettant en avant une banderole selon laquelle "l'Albanie n'est pas à vendre".
Le projet réellement en cours ?
Des affirmations contradictoires émergent, Edi Rama contestant l'existence même de ce projet. Cependant, il se retrouve confronté à la déclaration d'Ivanka Trump, qui a décrit en détails les atouts du site dans un récent podcast. Cela soulève des interrogations sur la véracité des informations fournies par le gouvernement.
Cette contestation va au-delà d'un simple projet immobilier; elle soulève aussi des préoccupations concernant la corruption qui affecte profondément le pays. De nombreux Albanais exigent une enquête sur la gestion des terres ainsi qu'une protection accrue des zones naturelles. Les revendications dépassent donc le cadre du projet, révélant une demande plus large de réformes.
Une génération qui refuse l'exil
Les manifestations sont portées par une jeunesse déterminée. "Ce projet a été le déclencheur, mais nous avons d'autres raisons de nous manifester", affirme Fadel Dia, 26 ans. Business consulting et politiques corrompues sont des thèmes récurrents dans ses propos. Il conclut : "L'Albanie a beaucoup de potentiel, seul le gouvernement fait défaut. Je désire vivre ici, pas ailleurs".







