Le paysage politique péruvien connaît une tournure significative avec des résultats favorables à Keiko Fujimori à la présidentielle. Les rapports indiquent qu'elle est en passe de remporter le second tour, maintenant une avance sur son adversaire de gauche, Roberto Sanchez.
Si son élection se confirme, cela marquera un retour historique du fujimorisme au pouvoir, plus de vingt ans après la chute de son père, l'ex-président Alberto Fujimori, qui a dirigé le pays de façon autocratique entre 1990 et 2000.
Ce scrutin a été extrêmement serré, après un premier tour tumultueux en avril et un second tour mieux orchestré au mois de juin. Il promet d'apporter une stabilité politique face à l'instabilité chronique qui a caractérisé le Pérou, où huit présidents se sont succédé depuis 2016, selon des analyses du quotidien Le Monde.
Avec 99,86 % des procès-verbaux comptabilisés, Keiko Fujimori atteint 50,12 % des voix, contre 49,88 % pour Sanchez, comme l'indique l'Office national des processus électoraux (ONPE). Son avance dépasse les 43 000 voix, un chiffre crucial dans un scrutin avec plus de 19 millions de suffrages.
Malgré cette situation, Sanchez a exprimé son intention de ne pas reconnaître les résultats du scrutin, soulignant des irrégularités, notamment dans la voix des Péruviens à l'étranger. Environ 300 000 suffrages exprimés à l'étranger, majoritairement en faveur de Fujimori, sont jugés problématiques par Sanchez, qui exige l'annulation de ces votes.
Des experts, dont ceux de l'Institut d'études politiques (IEP), soulignent que le climat de méfiance pourrait exacerber les divisions déjà existantes au sein de la société péruvienne. L'importance essentielle de ces préoccupations est soulignée par la lenteur des dépouillements, au Pérou, une situation déjà vue lors de précédentes élections, notamment celles de 2021.
Une mission d'observation de l'Union européenne a jugé que le scrutin du 7 juin s'est déroulé dans un climat de paix relative et d'ordre, malgré l'intensité de la campagne électorale. Plus de 27 millions de Péruviens étaient appelés aux urnes, reflet d'un pays riche en ressources minières mais également confronté à de profondes inégalités sociales.
Keiko Fujimori, qui a centré sa campagne sur la lutte contre la criminalité et l'insécurité, réussit à capter l'attention des électeurs dans plusieurs zones urbaines côtières, tandis que Sanchez a rencontré un franc succès dans les régions rurales andines.
Le vainqueur de cette élection succédera au président intérimaire José María Balcazar le 28 juillet pour un mandat de cinq ans, une échéance qui sera décisive pour l’avenir politique du pays.







