Après l'annonce d'une enquête disciplinaire visant un magistrat du parquet d'Auch dans l'affaire tragique de Lyhanna, la profession judiciaire s'est soulevée. Plusieurs centaines de magistrats, à travers toute la France, ont rejoint une boucle WhatsApp pour organiser une action collective et dénoncer ce qu'ils perçoivent comme une stigmatisation.
Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a récemment annoncé une procédure d'enquête administrative pour sanctionner les "défaillances graves" attribuées à ce juge. Cette annonce fait suite à la publication d'un rapport révélant des dysfonctionnements importants dans la gestion des procédures judiciaires, incluant lenteurs administratives et manques de coordination, comme le souligne Europe 1.
Une contre-attaque organisée
Des participants du groupe WhatsApp échangent sur diverses stratégies de riposte. Certains envisagent d'envoyer une multitude de courriers au Conseil supérieur de la magistrature, tandis que d'autres ont proposé des mesures plus incisives. Une grève générale de la magistrature n'est pas à exclure, même si rien n'est établi pour le moment.
Au-delà de l'affaire spécifique du parquet d'Auch, ce mouvement fait écho à des préoccupations plus larges sur l'état de la justice en France. Le mardi suivant, des magistrats du tribunal judiciaire de Montauban ont manifesté leur mécontentement sur les marches du palais de justice en s'opposant aux conclusions du prérapport concernant le cas Lyhanna.
Soutien massif des magistrats
Sous l'égide de l'Union syndicale des magistrats et du Syndicat de la magistrature, de nombreux magistrats ont affiché leur soutien aux collègues d'Auch, en exprimant leur solidarité à travers le slogan : "Je suis le parquet d'Auch".
Natacha Aubeneau, trésorière nationale de l'Union syndicale des magistrats, a déclaré lors d'une interview récente : "Nous sommes désignés comme des boucs émissaires faciles. Chaque drame révèle notre impuissance face à un système étouffé par des mandats politiques. Depuis des décennies, la justice est négligée par les politiques !". Selon elle, la surcharge de travail et les nouvelles directives rendent la situation insoutenable pour les magistrats déjà confrontés à une forte pression.
"Les parquets, déjà au bord du gouffre, ne peuvent pas absorber toujours plus de directives souvent contradictoires. À chaque crise, on nous impose de nouvelles réformes sans moyens adéquats pour y faire face", ajoute-t-elle. La profession attend des réponses claires et une véritable réforme de la justice.







