Au moins 36 civils, y compris des femmes et des enfants, ont perdu la vie lors de frappes aériennes menées par le Pakistan dans l'est de l'Afghanistan, selon un communiqué du gouvernement taliban. Ces attaques interveniennent après une escalade des tensions entre les deux pays, exacerbées par des incidents récents et des accusations mutuelles concernant la sécurité frontalière.
Le ministre pakistanais de l’Information, Attaullah Tarar, a fait état de la destruction de trois cibles dans les provinces de Paktia, Paktika et Kunar, affirmant que ces frappes visaient le groupe Jamaat-ul-Ahrar, une faction du mouvement Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP). Il a insisté sur le fait que ces opérations était une réponse à des attaques répétées contre les forces pakistanaises, notamment un incident récent à Karachi qui a fait plusieurs blessés.
Le porte-parole adjoint du gouvernement afghan, Hamdullah Fitrat, a condamné ces frappes, soulignant qu'elles avaient eu lieu alors que des opérations de secours étaient en cours. Selon ses remarques, 163 autres personnes ont été blessées lors de ces bombardements, qui ont frappé des zones densément peuplées.
Une escalade des hostilités
Cette offensive survient dans un contexte de tensions croissantes entre le Pakistan et l'Afghanistan. Depuis février, les deux nations sont engagées dans une série de confrontations ouvertes, avec des bombardements de plus en plus fréquents. Les autorités pakistanaises justifient ces opérations par la nécessité de se défendre contre les insurgés talibans pakistanais, qui trouvent refuge en Afghanistan. Un rapport publié par l'ONU a d'ailleurs enregistré plus de 372 civils tués dans ces conflits au cours des trois premiers mois de l'année, attisant les inquiétudes concernant la sécurité et la stabilité dans la région.
Les experts en sécurité estiment que cette situation pourrait s'intensifier davantage si les deux pays ne parviennent pas à établir un dialogue constructif pour résoudre ces tensions. Leurs représentations respectives aux Nations Unies échangent régulièrement des informations sur les menaces et les mouvements des groupes armés dans la région, mais cela semble encore insuffisant pour apaiser les hostilités. Il est impératif que la communauté internationale intervienne pour éviter une détérioration supplémentaire des relations entre le Pakistan et l'Afghanistan.







