Une explosion meurtrière dans un café du quartier du Palais de justice à Damas a provoqué la mort de neuf personnes le 2 juillet. Cet attentat, qui reste sans revendication, est considéré comme le plus meurtrier depuis l'attaque d'une église il y a un an, comme l'a rapporté L'Humanité.
L'explosion, survenue dans un quartier animé, a été causée par un engin explosif artisanal d'environ un kilo, chargé de fragments de métal, selon les autorités. Le général des forces de sécurité intérieure, Mohammad Khit, a détaillé ces informations à la télévision d'État, tandis que le ministère de la Santé a enregistré un bilan de neuf morts et une vingtaine de blessés.
Une explosion qui ravive le souvenir de la guerre civile
La scène de l'attentat a rapidement été sécurisée par les forces de l'ordre. « J'ai ressenti une forte détonation vers 15 heures et tous les vitrages de ma boutique ont tremblé. Les gens se sont précipités vers le café en criant à l'aide, » raconte Nawar Khayyat, propriétaire d'une boutique proche.
Mohammad al-Dahabi, un témoin, évoque une vision qu'il croyait révolue : « J'ai vu des personnes au sol, entourées de sang, ça me rappelle les explosions de la guerre civile. » Celle-ci a ravagé le pays de 2011 à 2024, entraînant la chute de l'ancien régime de Bachar al-Assad et l'ascension d'une coalition islamiste menée par Ahmed al-Charaa.
Comme le souligne L'Humanité, cette relance de violence rappelle des années sombres, générant une vive inquiétude au sein de la population.
Des experts sont déjà sur place pour analyser la situation et explorer les images des caméras de surveillance. L'objectif est clair : à travers cette enquête, les autorités souhaitent « identifier les responsables et tous les impliqués », a annoncé le ministère de l’Intérieur.
L’attentat le plus meurtrier depuis juin 2025
Le gouverneur de Damas, Maher Edelbi, a promis que les coupables de cette tragédie « seront punis ». Il a également affirmé que des forces hostiles tentent de déstabiliser une Syrie en quête de paix. « Lorsque le pays commence à retrouver une stabilité, des parties malveillantes cherchent à semer le chaos, » a-t-il ajouté lors d’une déclaration.
Claudio Cordone, envoyé spécial adjoint des Nations Unies pour la Syrie, a adressé ses condoléances et a appelé à la justice pour les victimes, déclarant que « quels qu’en soient les auteurs, ils doivent être traduits en justice ». Plusieurs pays de la région ont également exprimé leur condamnation face à cette violence.
Ce dernier attentat rappelle une attaque similaire survenue en juin 2025, qui avait ciblé une église, assistant à 25 décès, revendiquée par des groupes djihadistes. Bien que l'État islamique ait été repoussé militairement, il reste actif avec plusieurs cellules clandestines. Des affrontements récents à Damas, comme l'explosion d'une voiture piégée le 19 mai, témoignent des tensions persistantes dans la région.







