Les habitants de plusieurs communes de la Meuse et des Ardennes espèrent voir les pollueurs rendre à leur eau sa potabilité, après plus d'un an sans pouvoir consommer l'eau du robinet. Depuis le début de la contamination par les PFAS, une substance chimique préoccupante, environ 2 600 personnes doivent se contenter d'eau en bouteille, une situation que déplore Aurore Thiébaut, habitante de Malandry.
La mesure, qui a pris effet en juillet 2022, a choqué de nombreux habitants et élus locaux. À l’époque, le maire d’une des communes concernées avait qualifié cette interdiction de « météorite » tant elle a bouleversé la vie quotidienne des résidents. Un an plus tard, Aurore souligne que les habitants en sont toujours à investir dans des packs d'eau, une logistique prenante pour les familles, notamment celles nombreuses.
Alors qu'une partie des villages touchés a retrouvé une eau conforme grâce à des travaux récents, une dizaine d'autres souffrent toujours, empêchées par des niveaux de pollution trop élevés pour l'installation de filtres adaptés. Guy-Joël Chatton, maire de Louppy-sur-Loison, évoque un raccordement à un réseau d'eau situé à quinze kilomètres, dont les coûts sont jugés prohibitifs et dont la réalisation ne sera pas terminée avant 2027-2028.
Les habitants de Malandry, pour leur part, ne cachent pas leur indignation face à une augmentation de la facture d'eau, estimant que la situation est paradoxale. "On paye pour une eau que l'on ne peut pas consommer", s'insurge Mme Thiébaut, qui souligne l'impact environnemental supplémentaire de l'utilisation d'eau en bouteille.
Les municipalités fournissent encore un quota d'eau, mais cela représente un coût supplémentaire que les communes doivent gérer. En avril dernier, plusieurs communes locales ont pris des mesures juridiques pour réclamer justice face à cette pollution, qui pourrait être imputable à des activités industrielles passées, telles que l’épandage de boues contaminées provenant de la papeterie de Stenay, fermée en 2024. Guilaine Bernard, une habitante d'Haraucourt, résume le sentiment collectif : "Il faut que les pollueurs paient, et que l'eau potable redevienne accessible".
Catherine Boutefroy, également membre du collectif PFAS Ardennes, souligne que le problème dépasse l'eau, affectant même la chaîne alimentaire, depuis les cultures jusqu'à les consommateurs. Des maraîchers, comme Anne Abraham et son mari, ont perdu leur activité face à cette contamination sans obtenir de soutien des autorités. Ils n'ont pas constaté d'actions récentes pour résoudre le problème, ce qui alimente l’angoisse de la population.







