Le double tremblement de terre qui a frappé le nord du Venezuela a causé la perte tragique de près de 3.000 vies, selon les derniers chiffres communiqués par les autorités locales. Les équipes de secours internationales commencent à mettre un terme à leurs recherches, laissant derrière elles des familles en détresse.
La Guaira, épicentre de cette catastrophe à 40 kilomètres au large de Caracas, est désormais un paysage de désolation, où des immeubles se sont écroulés le 24 juin. Des milliers de personnes se retrouvent sans abri, vivant dans des conditions précaires dans des lieux publics comme des parcs.
"Nous continuons à travailler pour retrouver des corps, c'est notre devoir", a déclaré Francisco Sasquia, un sauveteur bénévole, au bord de l'Ocean Beach, un bâtiment qui a subi des dommages considérables. Les engins de chantier s'acharnent à dégager les débris pour retrouver des victimes.
Les proches de ceux manquant à l'appel se résignent face à cette procédure. Susana Graterol, 47 ans, a partagé sa douleur : "Nous, les familles, avons besoin d'un point final. Ce processus a été extrêmement éprouvant. Avec les engins, ils parviendront à les retrouver, et j'espère que ce sera le cas pour mes voisins, dont une dizaine sont toujours portés disparus."
Le bilan s’élève à 2.954 morts et 16.592 blessés, faisant de ce tremblement de terre l’un des plus dévastateurs d’Amérique latine, sur la base des informations du ministère vénézuélien des Communications. Plus de 16.000 personnes sont désormais sans domicile et 856 bâtiments sont gravement endommagés.
Les deux séismes, qui se sont produits à seulement 39 secondes d'intervalle, ont plongé la nation dans le deuil et la douleur de l'incertitude quant au sort de leurs proches. Les secouristes étrangers, autrefois en nombre, commencent à se retirer alors que les espoirs de retrouver des survivants s'amenuisent.
Des équipes de secours venues des États-Unis, du Chili et d'autres pays se préparent à partir. Des sauveteurs de Floride et de Virginie ont déclaré que le délai pour retrouver des survivants dans de telles catastrophes est d'environ 72 heures. Malgré tout, des témoignages de retrouvailles miraculeuses persistent, comme celui d’un homme retrouvé vivant après huit jours sous les décombres.
Le tremblement de terre, enregistré à 7,5 sur l’échelle de Richter, a été décrit par le Service géologique des États-Unis comme le plus puissant depuis plus d’un siècle à toucher le Venezuela, un pays déjà fragilisé par une crise économique.
La présidente par intérim, Delcy Rodríguez, a honoré les sauveteurs américains qui sont venus prêter main forte. "Le peuple vénézuélien n'oubliera jamais cet acte de solidarité", a-t-elle affirmé lors d’une cérémonie. Des distinctions ont également été décernées à des équipes provenant d’autres pays, soulignant l'effort international mobilisé face à cette catastrophe.
Quant à la situation sanitaire et logistique, Rodríguez a précisé qu'elle était "en contact" avec divers États pour rétablir l'aéroport de Maiquetía, crucial pour les opérations humanitaires, qui avait subi des dommages considérables.
À Caraballeda, des complexes résidentiels de plusieurs étages ont été réduits en poussière, laissant des familles entières portées disparues. "C'est un véritable film d’horreur. Nous avons échappé à la guerre, mais pas à la nature", a déploré Celida Sequera, 43 ans, une bénévole impliquée dans les opérations de sauvetage. Sa détermination témoigne de la résilience d’une population en pleurs, alors que l’ONU estime que le nombre de disparus pourrait atteindre 50.000, un chiffre alarmant face à une tragédie déjà insurmontable.







