Le double tremblement de terre qui a frappé le nord du Venezuela le 24 juin a causé la mort de plus de 3 000 personnes, selon le dernier bilan communiqué par les autorités dimanche dernier, qui ont commencé à procéder à l'inhumation de nombreuses victimes non identifiées.
Le bilan officiel du 5 juillet fait état de 3 342 morts et 16 740 blessés, tandis que les Nations unies évoquent des disparitions qui pourraient atteindre 50 000 personnes. Selon diverses projections, ce chiffre pourrait même s'élever à 10 000. Ce chiffre tragique a augmenté par rapport à 2 954 victimes enregistrées la veille.
Malheureusement, l'espoir de retrouver des survivants s'amenuise. Les équipes de secours internationales commencent à quitter la zone touchée, attirant l'attention sur l'ampleur de la catastrophe.
À Catia La Mar, une des zones les plus touchées, plus de 150 corps non identifiés ont été inhumés dans un cimetière, comme l'ont rapporté les journalistes de l'AFP. Ils ont relevé la présence de 159 tombes non identifiées, réparties sur deux grandes parcelles, ainsi que 95 tombes identifiées dans une section isolée du cimetière La Esperanza.
Les travailleurs du cimetière, munis de pelleteuses, ont creusé des tranchées pour accueillir d'autres dépouilles. Les tombes sont marquées par des pierres blanches, et des plaques numérotées indiquent des identifications spéciales avec la date fatidique du 24 juin 2026, le jour où la tragédie a secoué le pays.
Eli Zavala, résident de la région, explique que « les tombes sont numérotées pour permettre aux familles de retrouver les corps grâce à des portraits pris avant l'inhumation ».
Zuly, une mère à la recherche de son fils de 23 ans, témoigne de l'angoisse collective. « J’ai retrouvé sa moto et son casque, il est là... Au moins, nous avons besoin de lui donner le repos éternel », exprime-t-elle, désespérée. Cette quête pour retrouver les corps devient cruciale, compte tenu de la décomposition rapide des dépouilles, avertit le capitaine des Pompiers Militaires brésiliens, Diego Asuncao.
Sa mission est désormais orientée vers la récupération des corps afin d'apporter un semblant de réconfort aux familles. Cela survient alors que la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, fait face à des critiques sur la gestion de la crise, affirmant qu'il ne faut pas anticiper d'éventuelles « explosions sociales » en dépit de la douleur ressentie par la population.
Les habitants de la zone dévastée expriment leur colère face à l’action des pouvoirs publics. Les deux séismes, qui se sont produits à seulement 39 secondes d’intervalle, ont principalement touché le nord du pays, laissant plus de 17 000 personnes sans abri, selon le communiqué gouvernemental du 5 juillet, alors que de nombreuses personnes vivent désormais dans les rues ou dans des parcs.







