Cuba endure vendredi une nouvelle coupure générale d'électricité, la seconde en cinq jours, en raison d'une crise énergétique sévère liée au blocus pétrolier américain. Cette interruption, survenue à 16H30 locales (20H30 GMT), a été annoncée par l'Union électrique de Cuba (UNE) sur les réseaux sociaux.
Cette coupure s'inscrit dans un contexte inquiétant, marquant la quatrième interruption générale au cours des six derniers mois et la neuvième depuis la fin de 2024 dans ce pays de 9,6 millions d'habitants. La dernière coupure, survenue lundi, avait été provoquée par des oscillations de tension et une production électrique insuffisante due aux pénuries de carburant.
Selon le quotidien Granma, ces déconnexions se produisent alors même qu'une crise énergétique aiguë affecte gravement le pays, rendant nécessaire l'activation de protocoles d'urgence. Ceux-ci visent à restaurer prioritairement le service dans des établissements vitaux tels que les hôpitaux.
Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, a exprimé sa ferme opposition à la politique de sanctions américaines, accusant Washington de tenter de provoquer un soulèvement social en étouffant économiquement le pays. Il a qualifié le blocus énergétique, en vigueur depuis janvier, de "génocidaire".
Idania Lopez, une retraitée de 71 ans, a partagé son désespoir face à ces coupures répétées : "Cela empêche d'avoir une vie normale; il faut vivre au jour le jour, c'est déconcertant." Les coupures d'électricité sont aggravées par l'état vétuste des infrastructures et un approvisionnement en carburant de plus en plus limité.
Actuellement, les petites centrales thermiques tentent de compenser la production d'électricité, mais beaucoup d'entre elles souffrent de pannes fréquentes et nécessitent un entretien régulier. La principale centrale, Antonio Guiteras, est à l'arrêt pour réparations et a fait face à plus de quinze arrêts depuis le début de l'année.
Les conséquences se font sentir à La Havane, où les coupures dépassent souvent 30 heures consécutives, et dans de nombreuses provinces, malgré un programme ambitieux visant à développer des parcs solaires.
Depuis le début de l'année, les tensions entre les États-Unis et Cuba se sont intensifiées, notamment après l'arrestation de Nicolas Maduro, président vénézuélien et allié de La Havane. En plus du blocus pétrolier, Washington a imposé d'autres sanctions à l'encontre d'entreprises et de dirigeants cubains.
Donald Trump a récemment qualifié le régime cubain de "menace extraordinaire" pour la sécurité nationale américaine. Les deux nations s'engagent actuellement dans des négociations difficiles; fin juin, le chef de la diplomatie cubaine, Bruno Rodriguez, a reconnu qu'aucun progrès significatif n'avait été réalisé dans les discussions.







