L'Allemagne conclut un partenariat crucial avec Donald Trump pour l'acquisition de missiles Tomahawk

Berlin sécurise son arsenal militaire avec des missiles Tomahawk, mais les livraisons prennent du temps.
L'Allemagne conclut un partenariat crucial avec Donald Trump pour l'acquisition de missiles Tomahawk

En obtenant l'accord américain pour l'achat de Tomahawk, l'Allemagne renforce sa position militaire face à Moscou, bien que les délais de livraison demeurent incertains.

Le jeudi 9 juillet, Friedrich Merz a annoncé que les États-Unis avaient donné leur feu vert à la vente de missiles de croisière Tomahawk à l'Allemagne, lors du sommet de l'Otan à Ankara. Les détails concernant le nombre de missiles, les lanceurs ou le calendrier de livraison restent encore classifiés. Toutefois, le chancelier allemand a justifié cette décision stratégique, affirmant que ces armements permettront de "combler une lacune stratégique significative" dans la défense du pays.

En effet, l'Allemagne ne possède actuellement pas de capacité de frappe terrestre longue portée équivalente au Tomahawk, dont la portée peut atteindre 2 500 kilomètres, contrairement à son missile Taurus, limité à environ 500 kilomètres. Dans le contexte géopolitique post-invasion de l'Ukraine, cette inégalité est devenue cruciale, surtout depuis l'installation de missiles Iskander par la Russie dans l'enclave de Kaliningrad.

Une arme ancienne pour un besoin nouveau

Bien que le Tomahawk soit une technologie ancienne, ayant vu le jour dans les années 1980, il représente un atout militaire incontestable. Mesurant environ six mètres de long et pesant une tonne et demie, ce missile coûte plus d'un million d'euros l'unité et a l'avantage majeur d'être immédiatement disponible. Pour l'Allemagne, l'enjeu n'est pas de rechercher une perfection technologique, mais d'acquérir une capacité militaire opérationnelle pour modifier les équations stratégiques actuelles.

L'acceptation de Washington n'a pas été acquise sans difficulté. Le dossier de l'acquisition de missiles a connu des rebondissements. Sous l'administration Biden, il était prévu le déploiement de missiles SM-6 et Tomahawk en Allemagne dès 2026. En revanche, l'élection de Donald Trump et l'annonce d'un retrait de 5 000 militaires américains d'Allemagne a plongé le projet dans l'incertitude.

Les opinions divergentes sur la guerre en Iran et les changements de personnel au sein de l'administration Trump ont également influencé cette situation. Friedrich Merz paraissait en bonne posture pour obtenir cet accord lors du sommet de l'Otan, une opportunité dont il a su tirer parti.

Pas de livraison immédiate

Il est essentiel de souligner qu'il ne s'agit pas simplement d'accueillir des missiles américains. Berlin projette d'acheter des Tomahawk, en utilisant des lanceurs terrestres Typhon. Une lettre d'intention signée le 7 juillet prévoit un accord formel qui devrait être validé en août. Pour Trump, cette approche frappe dans le sens de sa doctrine affirmant que les alliés européens doivent contribuer davantage à leur propre sécurité, souvent en acquérant des solutions américaines. D'un autre côté, cela permet à l'Allemagne de laisser de côté des promesses de déploiement pour une acquisition autonome.

Cependant, la question des délais de livraison reste préoccupante. Les États-Unis n'ont pas de missiles Tomahawk en stock prêts à être livrés, surtout après leur usure lors des opérations en Iran. En effet, Friedrich Merz lui-même avait signalé que Washington ne possédait pas suffisamment de moyens. Ainsi, bien que l'Allemagne obtienne un accord, les délais de livraison risquent d'être longs.

Tokyo, un précédent significatif

Le Japon, par exemple, a récemment signé un accord pour acquérir jusqu'à 400 Tomahawk pour renforcer sa défense face aux menaces de la Chine et de la Corée du Nord. Cependant, les besoins américains suite à leurs propres opérations ont fait glisser le calendrier des livraisons, qui pourrait subir jusqu'à deux ans de retard, selon le Financial Times.

Ainsi, même si l'Allemagne répond à un enjeu crucial en matière de défense, elle ne peut pas compter sur une livraison immédiate. De plus, ce mouvement vise à réduire sa dépendance vis-à-vis des États-Unis et à préparer son autonomie militaire, tout en poursuivant le développement de systèmes européens. Avec l'initiative ELSA, Berlin, Paris et Londres cherchent à produire de nouvelles technologies, y compris des missiles de croisière furtifs, pour les dix prochaines années. Pour l'instant, cependant, la défense allemande devra se préparer à une période d'attente.

Lire aussi

L'Iran refuse de plier face aux États-Unis : un avertissement fort d'un négociateur
Mohammad Bagher Ghalibaf, négociateur iranien, affirme que le conflit avec les États-Unis ne se conclura pas par une reddition de l'Iran. Un regard sur la tension croissante dans le Golfe et les répercussions potentielles.
21h36
L'Allemagne conclut un partenariat crucial avec Donald Trump pour l'acquisition de missiles Tomahawk
Découvrez comment l'Allemagne se renforce militairement avec l'achat de missiles Tomahawk. Analyse des enjeux et des impacts stratégiques.
21h03
Plongée au cœur du porte-avions Charles de Gaulle : 24 heures d'opérations en mer
Embarquez sur le porte-avions Charles de Gaulle et découvrez les missions fascinantes de la Marine nationale en Méditerranée orientale.
18h27
Le maire conservateur de Berlin se retire avant les élections, pris dans un scandale
Le maire de Berlin, Kai Wegner, se retire de la course électorale, impacté par une gestion critiquée de crise. Quelles conséquences pour la politique berlinoise ?
16h51
Attentat de Nice : des révélations troublantes entourent l'anniversaire de Malia Obama
Dix ans après l'attentat de Nice, des témoins s'interrogent sur une possible menace visant Malia Obama.
15h15
Un plan inédit pour affronter la canicule : le gouvernement dévoile le plan Orsec « chaleurs extrêmes »
Découvrez le plan Orsec « chaleurs extrêmes » du gouvernement français, visant à protéger les plus vulnérables lors des canicules.
14h12