De l’avant-match aux moments de fête ayant suivi la rencontre entre la France et le Maroc, la soirée fut bien plus qu’un simple événement sportif.
Hier soir, la mairie de Roubaix a aménagé une fan zone à la Condition Publique, située dans le quartier du Pile, pour célébrer le quart de finale de la Coupe du monde.
À 21h, la rue du théâtre vibrait au rythme de musiques orientales. À l'intérieur, des chants comme one, two, three, viva l’Algérie résonnaient. Les morceaux diffusés par la mairie mettaient en avant les sonorités maghrébines, reléguant l’aspect français au second plan. À l’approche du coup d’envoi, une petite fille a pris le micro pour interpréter Je suis chez moi, un morceau de Black M, portant un maillot marocain orné des couleurs françaises, illustrant ainsi le thème de la soirée.
La scène était emblématique : bien que dominée par les couleurs marocaines, elle s'ornait de quelques drapeaux algériens, symbolisant une coexistence culturelle. À 22h, l'ambiance était plus sereine lorsque les deux hymnes nationaux furent chantés, chacun trouvant sa place dans ce contexte de respect mutuel.
« Y’a des supporters du Maroc ici ? »
À 22h25, lors de la pause fraîcheur, le maire LFI de Roubaix, David Guiraud, interrogea la foule : « Y’a des supporters du Maroc ici ? » Son appel fut accueilli par des cris enthousiastes. En revanche, sa question suivante, « Et pour la France aussi ? », suscita des huées. Il a ensuite encouragé les jeunes à rester calmes : « pas de débordements à la fin du match hein. » Cependant, une voix dans la foule a risqué : « Wallah si, wallah si. » Cet échange, pour le moins révélateur, est d'autant plus surprenant quand on sait que Guiraud avait déclaré à Valeurs actuelles ne pas redouter les débordements.
La sécurité privée, sur place en nombre, ajoutait à l'atmosphère sous-jacente.
À 22h35, des agents ont restreint l’accès au théâtre, provoquant le mécontentement des jeunes à l’extérieur, laissant se poser une question : pourquoi les portes restent-elles fermées alors qu'il reste de la place à l’intérieur ?
À 23h, alors que la seconde mi-temps battait son plein, les deux buts des Bleus furent accueillis avec joie, bien que les chants étaient moins présents. La soirée semblait se conclure sur une note réjouissante avec la qualification de la France.
Le drapeau algérien accroché au voiture
À 00h30, devant la mairie, une célébration inattendue se produisait : celle de l’Algérie. Les voitures traversaient la foule, qui s’était formée pour applaudir, avec des drapeaux algériens devenant le symbole visuel de cette nuit. Ce rassemblement, marqué par une foule majoritairement jeune, laissait entrevoir une dynamique unique liée aux origines diverses et aux passions fédératrices.
À 1h, malgré l’excitation ambiante, l'atmosphère a peu à peu changé avec l'apparition de jeunes hommes masqués et des tirs de mortiers d’artifice proches du public. Lorsque la police a été accueillie par des huées, l'intervention a été déclenchée par un projectil lancé vers les forces de l'ordre, dispersant la foule à l'aide de gaz lacrymogènes.
Malgré l’évacuation progressive, un homme d'une cinquantaine d'années restait là, drapé dans les couleurs françaises, observant un tableau qui, pour lui, était surprenant : « Y’en a quand même des très jeunes, c’est bizarre. » Et effectivement, des groupes d’une dizaine d'années erraient encore, absents de surveillance parentale, interrogeant la sécurité de l'événement.







