Dans un contexte politique tendu, Éric Coquerel, président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale et membre de La France Insoumise (LFI), a exigé ce mardi qu'Emmanuel Macron reconsidère sa décision de nommer Amélie de Montchalin à la présidence de la Cour des comptes. Cette demande vise à préserver l'indépendance et la neutralité de cette institution cruciale.
Publicement exprimée sur X (anciennement Twitter), Coquerel a glissé que sa demande s'inscrit dans une démarche « calme », mais néanmoins ferme, pour éviter ce qu'il considère comme un risque pour une démocratie déjà fragilisée. La nomination de Montchalin, actuellement ministre des Comptes publics, devrait être officialisée lors du prochain conseil des ministres, et a déjà suscité de vives réactions.
Sans contester les compétences de Montchalin, Coquerel a alerté sur le fait qu'une telle nomination pourrait compromettre la crédibilité de la Cour des comptes, notamment en ce qui concerne l'évaluation du budget 2026 qu'elle a précédemment élaboré. « Comment peut-elle juger un budget qu'elle a elle-même contribué à créer ? », s'est-il interrogé.
François Ruffin, député ex-LFI, a pour sa part raillé cette situation sur la même plateforme, soulignant l'hypothèse que Montchalin pourrait être jugée partiellement impliquée dans son propre budget.
D'autre part, Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement national, a critiqué sur Franceinfo le « verrouillage des institutions » par ceux proches de Macron, notant le caractère inapproprié d'une telle nomination. Alors qu'il admet que les compétences de Montchalin ne sont pas discutables, il souligne la nature trompeuse de sa position, étant juge et partie dans le jugement du budget qu'elle a préparé.
Eric Ciotti (UDR) est également intervenu sur Twitter pour dénoncer ce qu'il considère comme un « passage en force », remettant en question la tendance de désigner des personnalités encore jeunes à des postes de grandeur, où la limite d'âge est de 68 ans.
En contrepoint, Roland Lescure, ministre de l'Économie, a exprimé sa confiance en Montchalin sur France 2, la qualifiant d'individu capable de diriger la Cour des comptes avec indépendance tout en apportant une fraîcheur bénéfique à l'institution. Il a ainsi relativisé les critiques formulées à son encontre, rappelant que Pierre Moscovici, ancien ministre des Finances, avait également exercé cette fonction.La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a aussi salué le choix de Macron, soulignant qu'une femme serait nommée pour la première fois à la tête de cette institution depuis 200 ans. En réponse aux préoccupations sur un potentiel conflit d'intérêt, elle a indiqué que l'essentiel reposait sur les compétences : « Si les compétences sont là, ce n'est pas un sujet », a-t-elle affirmé.







