Les universités sénégalaises, en particulier celle de Cheikh Anta Diop, sont depuis plusieurs mois le théâtre de manifestations fréquentes. Les étudiants font entendre leur voix face à des retards de paiement de bourses dans un climat économique difficile.
Le 9 février, un tragique incident a coûté la vie à Abdoulaye Ba, un étudiant en médecine, lors de violents affrontements à l’université Cheikh Anta Diop entre étudiants et forces de sécurité. Ces derniers s’opposaient à des retards dans le versement de leurs bourses.
Le gouvernement, par l’entremise de sa porte-parole, Marie-Rose Khady Fatou Faye, a publié un communiqué évoquant des « événements graves » sans mentionner explicitement l’implication des forces de sécurité sur le campus. Les causes précises de la mort d’Abdoulaye Ba demeurent floues, suscitant l'indignation parmi les étudiants.
Depuis plusieurs mois, l’université Cheikh Anta Diop et d'autres établissements à travers le pays ont assisté à des mouvements de contestation contre les retards de paiement des bourses. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent la violence des heurts, avec des autorités utilisant des gaz lacrymogènes alors que les étudiants répliquent avec des pierres, accusant le gouvernement de vouloir éliminer leurs droits financiers.
Appel à « l’apaisement »
La crise des bourses a provoqué des disruptions majeures du calendrier académique, laissant les étudiants sans financement pendant des mois. Les bourses oscillent généralement entre 20 000 et 60 000 FCFA (30 à 91 euros) par mois.
Dans son communiqué, le gouvernement a présenté ses « condoléances les plus sincères » à la famille d’Abdoulaye Ba et à l'ensemble de la communauté universitaire. Il appelle à la « retenue » et à la « responsabilité », promettant de clarifier les circonstances de ce drame, en annonçant un point de presse avec les ministres concernés.
La récente victoire de Bassirou Diomaye Faye et du parti Pastef a suscité de grands espoirs parmi les jeunes, qui représentent près de 75 % de la population sénégalaise. Ces derniers, ayant été au cœur des manifestations violentes contre l’ancien régime entre 2021 et 2024, continuent de revendiquer une meilleure inclusion et des droits fondamentaux.
Alors que le nouveau gouvernement s’efforce d’apaiser les tensions, les défis de l’insertion des jeunes persistent, soulignant un besoin criant de réponses urgentes aux aspirations d’une jeunesse en quête de changement.







