Le gouvernement bolivien, dirigé par le président de centre droit Rodrigo Paz, a adopté une réforme de l’éducation qui impose une année scolaire de 200 jours complètement dédiés au travail scolaire, nuit aux activités extrascolaires, essentielles à la culture locale. Ce changement a suscité une forte opposition, notamment de la part des clowns, qui jouent un rôle crucial lors des fêtes d'enfants en Bolivie.

Des milliers de clowns ont envahi les rues de La Paz, en face du ministère de l’Éducation, pour faire entendre leur voix. ‘C’est une attaque directe contre notre profession’, s’est exprimé l’un d’eux au site Erbol, dénonçant que les enfants, pour beaucoup, n’ont pas les moyens de se rendre à des spectacles privés. Cette mesure reste controversée dans un pays où l’accès à la culture est un enjeu majeur.

Le gouvernement justifie cette réforme par la nécessité d'améliorer la compréhension de la lecture parmi les élèves. La ministre de l'Éducation a déclaré que ‘seulement deux élèves sur dix en sixième comprennent réellement ce qu’ils lisent’, citant des chiffres alarmants sur l'absentéisme scolaire. D'après le quotidien Vision360, les enfants perdent environ 40 jours d'école chaque année dans des activités non liées directement à l'apprentissage.

“Moins d’idéologie”

Le vice-ministre, Juan Carlos Pimentel, a également précisé que les activités extrascolaires ne sont autorisées que pendant les week-ends afin de ne pas entraver le programme scolaire. ‘Nous ne pouvons pas permettre la dégradation de la qualité de l’éducation’, a-t-il affirmé lors d'une interview sur Bolivia TV.

Toutefois, cette réforme suscite un vif débat dans la société. Un article d’opinion dans Vision360 a salué cette démarche en plaidant pour 'moins d’idéologie, plus de discipline et de contenu fondamental', dans le but de restaurer la rigueur éducative. En revanche, d'autres observateurs, tels que ceux du quotidien La Razón, critiquent cette approche, la considérant comme 'négligeant les valeurs essentielles des activités culturelles' qui enrichissent le parcours éducatif des enfants.

Les clowns, en lien avec diverses associations, ont exprimé leurs inquiétudes face à la situation économique précaire que traverse le pays. ‘Les enfants ont besoin de rire’, ont-ils soutenu, soulignant l’importance des spectacles pour éveiller l’imagination et le sens de la communauté. La manifestation a permis d'attirer l'attention sur la nécessité d'un débat plus large autour de la place de la culture dans l'éducation.