Le nouveau maire dyonisien s'exprime. Après avoir cosigné une tribune dans Le Monde avec d'autres maires d'origine immigrée, il a dénoncé la discrimination raciale subie durant la campagne municipale. Bally Bagayoko organise un "grand rassemblement citoyen" contre le racisme aujourd'hui à 14 heures devant sa mairie.
Depuis son élection, ce responsable politique de 52 ans fait face à une vague de haine sur les réseaux sociaux. Dans une interview accordée à France Info, il a exprimé son inquiétude face au silence du gouvernement, en particulier d’Emmanuel Macron.
"Il est quand même président de la République, il a une responsabilité haute. Sa parole a une force importante", a-t-il déclaré.
"Il se disqualifie à jamais"
Alors que le président a déclaré en Conseil des ministres que "la République est partout chez elle et l'État de droit doit s'appliquer partout" après l’agression de plusieurs maires sortants, son absence de déclaration publique sur les violences racistes ciblant les élus inquiète Bally Bagayoko.
"J’attendais qu’il prolonge son propos par des mots rassurants pour les victimes de ces actes racistes. Ce sont les maires, mais aussi tous les citoyens," a-t-il ajouté sur France Info.
"En ne le faisant pas, il se disqualifie à jamais concernant une cause essentielle. Son silence montre qu'il n'est pas engagé dans cette lutte", a affirmé Bally Bagayoko.
L'absence regrettable d'Aurore Bergé
En proie à la haine, Bally Bagayoko a dénoncé des déformations de ses propos et la fabrication de controverses dans les médias. Dans sa tribune, il regrette que des phrases essentielles aient été déformées, comme son expression "la ville des rois morts et du peuple vivant" rapportée sous une forme inappropriée.
Certaines chaînes de télévision ont également évoqué des comparaisons ou des accusations infondées à son égard. Une enquête est en cours à cet effet.
De nombreuses personnalités de gauche, dont Jean-Luc Mélenchon et Mathilde Panot, participeront au rassemblement, mais Bally Bagayoko a déploré l'absence de Aurore Bergé, la ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations.
"Elle m'a soutenu à plusieurs reprises, et sa présence aurait été significative. Sa place était clairement auprès de ceux qui se battent contre le racisme", a-t-il conclu.







