Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a formulé une demande pressante pour que le prix du carburant soit plafonné à 1,70 euros le litre. Sa requête, visant à instaurer un "blocage des prix", coïncide avec une rencontre prévue ce mardi au ministère de l’Économie pour discuter des préoccupations face à une inflation exponentielle, en partie alimentée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Cette initiative vise à protéger le pouvoir d'achat des Français, alors que de nombreux consommateurs souffrent de la flambée des coûts.
Le bras de fer avec Bercy
Le rendez-vous déterminant est fixé : à 17h30 ce mardi, le ministre Roland Lescure recevra les organisations syndicales. Sophie Binet y proposera une mesure radicale, stipulant que "le prix maximum à la pompe devrait être limité à 1,70 euros", en restreignant les marges des pétroliers. Selon des données récentes, le gazole atteint actuellement en moyenne 2,307 euros, tandis que l'essence s'affiche à 2,014 euros, une augmentation fulgurante depuis le début du conflit en Iran à la fin de février, selon un rapport du Parisien. En parallèle, la CGT défend également l'idée d'une TVA réduite à 5,5 % sur l'énergie et d'un retour aux tarifs réglementés.
Taxer les "surprofits" records
Sophie Binet n'hésite pas à condamner les pratiques des grandes entreprises du secteur. "Ils réalisent des bénéfices colossaux", a-t-elle déclaré, en mettant en exergue le cas des traders de TotalEnergies, qui auraient enregistré un milliard d'euros de bénéfices en seulement un mois. Pour financer la transition énergétique, la CGT milite pour l'instauration d'une taxe sur les dividendes et les revenus les plus élevés, tout en appelant à la production nationale d'un "petit véhicule électrique à prix abordable".
Des aides gouvernementales jugées insuffisantes
Actuellement, le gouvernement privilégie des aides destinées aux entreprises, avec l'annonce d'un "prêt flash carburant" par Bercy, permettant des prêts allant de 5 000 à 50 000 euros pour les TPE et PME les plus touchées, comme les secteurs du transport, de l'agriculture et de la pêche. Cependant, ce prêt, proposé à un taux de 3,80 %, ne répond pas aux exigences des syndicats, qui craignent que la crise perdure et n'affecte gravement l'économie française.







