À Gourdon (Lot), lors du conseil municipal du 2 avril, l'augmentation des indemnités des élus a suscité un vif débat, mettant en lumière des tensions croissantes entre la majorité et l'opposition. Le groupe d'opposition "Un nouvel élan pour Gourdon" a vivement critiqué cette initiative, la qualifiant de déplacée dans le contexte actuel.
Frédéric Gineste, membre de l'opposition, a affirmé que cette décision envoie "un très mauvais signal aux Gourdonnais". Il a souligné que l’augmentation envisagée, évaluée à environ 50 000 euros par an, ne tenait pas compte de l’endettement croissant par habitant, qui a dépassé les chiffres de 2021. "Il n'est pas décent d'augmenter les indemnisations des élus", a-t-il insisté.
La réaction de l'opposition a été rapide, les six élus s'étant unis pour dénoncer cette décision, décrit comme "inacceptable" dans un contexte de contraintes budgétaires. Un rapport d’orientation budgétaire présenté lors de la même séance soulignait la nécessité de maîtriser les dépenses, en raison des emprunts prévus pour 2024 et 2025.
Malgré ces tensions, les élus du groupe d’opposition se sont engagés à jouer un rôle actif au sein du conseil. Eddy Carbonnel a ainsi plaidé pour une transparence accrue, déclarant que "les Gourdonnais ont besoin d’être informés des décisions prises par la municipalité". Ils souhaitent dégager une posture constructive, tout en dénonçant les incohérences de la majorité.
En réponse à la levée de boucliers, Jean-Marie Courtin, le maire fraîchement réélu, a exprimé sa surprise instaurant un dialogue. Il a précisé que durant le précédent mandat, les indemnités avaient été inférieures aux montants réglementaires, ce qui avait permis d’économiser près de 295 588 euros pour la mairie. Pour le mandat 2026-2032, il a assuré que cette politique serait maintenue, prévoyant une économie de 192 637 euros malgré une hausse par rapport au précédent mandat.
Concernant les frais annexes, le maire a réaffirmé qu’"il n’y a aucune note de frais à rembourser" par les élus, qui financent leurs propres dépenses avec ces indemnités. Ces montants, a-t-il également souligné, sont soumis aux charges et à l’imposition.
Jean-Marie Courtin a également mis en avant une baisse de la dette globale de la commune, passant de 11 173 470 euros au 1er janvier 2020 à 9 572 981 euros au 1er janvier 2026, en dépit d'importants investissements. Il a mentionné des projets en faveur de la transition énergétique, comme la production d'électricité photovoltaïque, qui pourrait compenser une partie des dépenses de la commune.
Ce désaccord marque le commencement d'un mandat qui pourrait s'avérer particulièrement animé à Gourdon.







