Le conseil municipal de Toulon a approuvé ce vendredi une subvention controversée de 5000 euros pour le FC Pontcarral, un club sur le point de régler une dette similaire. Cette décision, soutenue par la majorité, a suscité de vives interrogations de l'opposition, notamment du groupe RN, qui a critiqué la pertinence de cette aide, surtout dans un contexte où le club est sous le coup d'une mise en demeure.
Durant la séance, le projet de délibération, introduit par Halim Dalla Gharbi, le nouveau référent football, a été adopté malgré la réticence de certains conseillers. En effet, le district de football du Var a exigé du FC Pontcarral le règlement d'une dette de 4822 euros, menaçant de suspendre les joueurs si celle-ci n'était pas honorée. Amaury Navarranne, conseiller du groupe « Un avenir pour Toulon », a souligné que cette somme correspondait à des amendes dues au non-paiement des frais d’arbitrage liés à des cartons jaunes et rouges.
L'éthique en question
Josée Massi, la maire de Toulon, a défendu cette subvention, arguant qu'elle ne concerne pas directement le règlement des amendes. « Ils n'ont pas demandé de subvention à temps. C'est la vie du club de foot. Cela ne nous regarde pas si c'est pour acheter des équipements ou régler des amendes », a-t-elle affirmé. Cependant, des sources proches du club indiquent qu'il n'avait pas sollicité de subvention l'année précédente, ayant reçu seulement 800 euros deux ans auparavant. « La ville attribue environ 20 000 euros par an en avantages en nature », a précisé Navarranne, remettant en question la gestion de ces fonds.
Face à la controverse, l'opposition a demandé la suspension de cette délibération, estimant qu'aider un club à régulariser des incivilités n'est pas moral. « Ce n'est pas une subvention de soutien aux sports, au regard de nos connaissances actuelles », a conclu l'élu d’opposition.
Une situation précaire pour le FC Pontcarral
Le FC Pontcarral, comptant moins de 30 licenciés, bénéficie de cette aide, mais sa pérennité est en jeu. Josée Massi a défendu sa décision, indiquant que « sans cette aide, l'association pourrait disparaître ». Pourtant, cette subvention pourrait créer des précédents et inciter d'autres clubs à solliciter des aides similaires. Par exemple, l'entente Claret-Montety, club formateur avec dix fois plus de licenciés, perçoit la même subvention.
Un appel salvateur
Récemment, la mise en demeure a été suspendue, le district ayant été informé par un élu de la ville qu'une subvention exceptionnelle allait être votée. « Nous avons été tolérants jusqu'à présent, mais les arriérés s'accumulent », a déclaré André Vitiello, président du district du football du Var, soulignant l’importance de régulariser la situation.
Alors que la tension monte, cette affaire soulève des questions essentielles sur le soutien aux clubs sportifs et la gestion des finances publiques. Les enjeux vont bien au-delà de cette simple subvention, touchant au cœur même de l'éthique dans le sport et la politique locale.







