Le vice-président américain JD Vance a décollé vendredi pour Islamabad, où il doit s'engager dans des pourparlers clés avec l'Iran. Il a lancé un appel à Téhéran pour qu'il "ne se moque pas" de Washington, alors que les divergences sur fond de fragile cessez-le-feu continuent de s'aggraver.
Depuis l'établissement d'une trêve de deux semaines, Téhéran et Washington s'opposent sur l'inclusion du Liban dans l'accord, alors qu'Israël a affirmé son intention de poursuivre sa lutte contre le Hezbollah, groupe pro-iranien. Dans ces tensions, des frappes israéliennes ont causé la mort de plus de 300 personnes libanaises mercredi, les faisant entrer dans le livre des records en tant que plus meurtrières depuis le début du conflit au Moyen-Orient, qui a éclaté le 28 février après une attaque israélo-américaine contre l'Iran, entraînant des milliers de victimes.
De nouvelles frappes vendredi ont également tué dix membres des forces de sécurité libanaises, selon l'agence nationale d'actualités libanaise.
Pour l'Iran, l'avenir des négociations dépend du respect du cessez-le-feu, comme l'a affirmé Esmaïl Baghaï, porte-parole de la diplomatie iranienne. Au moment de l'annonce de la trêve par Donald Trump, le Pakistan, en tant que médiateur, avait assuré que l'accord s'appliquait "partout, y compris au Liban", une affirmation qui est contestée par les États-Unis et Israël.
Islamabad, maintenant transformée en ville soumise à un régime de sécurité très strict, accueillera les négociations dans un hôtel de luxe. Une banderole suspendue sur un pont annonce déjà le début des pourparlers, illustrant l'importance de ce moment.
JD Vance a déclaré qu'il espérait "mener des négociations positives" et qu'il était "ouvert" si les Iraniens étaient prêts à discuter de manière constructive. Toutefois, il a également averti que toute tentative de manipulation de la part de l'Iran serait mal accueillie par l'équipe de négociation.
Malgré une incertitude sur la participation de Téhéran, l'agence Tasnim a rapporté que les rumeurs selon lesquelles une délégation iranienne serait arrivée à Islamabad sont infondées. Le porte-parole a également précisé que les discussions resteront suspendues tant que les États-Unis ne respecteront pas leur engagement concernant le cessez-le-feu au Liban.
Les conjectures autour des négociations irano-américaines s'ajoutent à celles concernant des pourparlers récents entre le Liban et Israël, prévus à Washington. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné une reprise des "négociations directes" avec Beyrouth, une initiative que le Hezbollah, par la voix de son chef Naïm Qassem, a fermement rejetée.
Alors que l'ONU exprime des inquiétudes face à la montée de l'insécurité alimentaire au Liban, Israël continue ses frappes malgré les pressions exercées par d'autres nations. Cette escalade s'accompagne de tensions dans le détroit d'Ormuz, une voie maritime vitale pour le pétrole, qui demeure obstruée par l'Iran depuis le début du conflit.
En parallèle, les deux parties se trouvent en désaccord sur le programme nucléaire de Téhéran. L'Organisation iranienne de l'énergie atomique a rejeté les appels des États-Unis et d'Israël visant à limiter son programme d'enrichissement d'uranium, un élément clé du dialogue qui semble encore éloigné.
Avec une prudence accrue sur les marchés, le prix du pétrole est en hausse, se rapprochant des 100 dollars le baril, reflétant une instabilité persistante dans la région.







