Des organisations représentant les travailleurs et travailleuses du sexe se sont unies avec la sénatrice Anne Souyris et le député Andy Kerbrat pour élaborer cette proposition de loi, visant à un changement radical de la législation actuelle.
Ces groupes, incluant la Fédération Parapluie rouge et Amnesty International, militent pour la réévaluation de la loi de 2016, qui punit l'achat d'actes sexuels. Leur proposition, qui se concentre spécifiquement sur la "décriminalisation du travail du sexe", est également soutenue par le collectif NousToutes.
Sarah-Marie Maffesoli, référente plaidoyer pour Médecins du Monde, souligne : "C'est un besoin exprimé par toutes les travailleuses du sexe, quelles que soient leur situation et leur lieu d'activité".
Une loi qui confère des droits
La PPL présentée inclut l'abrogation de la pénalisation des clients ainsi que des lois régissant le proxénétisme, initiative qui émane d'une concertation inédite menée auprès de 70 travailleurs du sexe, comme l'a décrit la sénatrice Souyris. "Cette loi se distingue par sa vision globale, fondée sur la réalité des personnes concernées" a-t-elle affirmé à l'AFP.
Elle insiste sur le fait que cette législation ne doit pas être interprétée comme une promotion de la prostitution, mais vise à protéger les droits des travailleurs. "Protéger ces personnes des violences et leur offrir des droits leur permettant de poursuivre leur activité de manière sécurisée, ou d'arrêter si elles le souhaitent", précise-t-elle.
Giovanna Rincon, directrice d'Acceptess-T, affirme que la pénalisation de 2016 a eu des effets néfastes, éloignant de nombreuses travailleuses du système de santé, exacerbant les risques liés au VIH au sein des populations transgenres.
Sébastien Tuller d'Amnesty International a également plaidé en faveur de cette nouvelle PPL, soulignant l'urgence de trouver des solutions pour mieux protéger les travailleurs du sexe et renforcer leur sécurité.
Les grandes lignes de la PPL incluent également le soutien aux personnes exilées en situation irrégulière, la protection contre les discriminations et l'exploitation, ainsi que des mesures pour prévenir la vente de services sexuels par des mineurs.







