Un nouvel épisode judiciaire s'invite dans la comédie politique française. L'association AC !! Anti-Corruption a récemment déposé une plainte visant le député Charles Alloncle ainsi que la direction de Lagardère News, qui serait impliquée dans des manœuvres d'influence durant la commission sur l'audiovisuel public.
Ce recours, adressé au procureur national financier (PNF) Pascal Prache, soulève des accusations de prise illégale d'intérêts, insinuant que Alloncle aurait modifié le contenu des débats en se basant sur des questions suggérées par Lagardère News pour en tirer bénéfice.
Comme rapporté par Le Monde, il a été révélé que Lagardère News avait fourni une liste de questions à plusieurs députés, y compris Alloncle. Ce dernier a cependant démenti avoir utilisé ces questions, précisant qu'il n'a jamais eu de contact direct avec la présidente de Lagardère News, Constance Benqué. « Il est courant pour un député de recevoir des contributions sur sa boîte publique », a-t-il déclaré à l'AFP.
Des accusations d'impartialité
Ces accusations posent la question cruciale de l'impartialité d'Alloncle dans ses fonctions de député. Selon la plainte, ses prises de position lors des auditions ont souvent coïncidé avec celles suggérées par le groupe Bolloré, actionnaire principal de Lagardère. Jérémie Patrier-Leitus, président de la commission, a également exprimé ses réserves sur l'objectivité d'Alloncle, évoquant une possible intention de la part de certains investisseurs de manipuler l'avenir de l'audiovisuel public.
Les experts en médias s'interrogent : « Si ces allégations s'avèrent véritables, cela pourrait ébranler la confiance du public envers leurs représentants », a commenté un analyste politique. D'autre part, AC !! Anti-Corruption a fait valoir que des liens auraient pu être établis entre Lagardère et Alloncle, dans le but de promouvoir la carrière politique de ce dernier tout en soutenant une réduction de l'audiovisuel public, potentiellement bénéfique pour Lagardère.
Les tensions au sein de la commission sont palpables, alors que le rapport final est prévu mardi matin. La rapidité de cette plainte, juste avant la publication du rapport, laisse entrevoir des arrières-pensées politiques, selon les observateurs. « Je ne suis pas dupé », a déploré Alloncle, soulignant le timing troublant de cette attaque.







