En raison de la flambée des prix mondiaux du pétrole et des engrais, l'inde se trouve à un carrefour critique de sécurité énergétique et alimentaire. Le magazine India Today souligne les mesures adoptées par le gouvernement afin de faire face à cette crise croissante, tout en laissant transparaître un certain scepticisme.

Avec la pression économique qui pèse sur les ménages, “il faut se serrer la ceinture”, affirme l’hebdomadaire, se référant aux effets perdurants de la guerre en Iran sur le paysage économique du pays.

“Alors que les chocs pétroliers mondiaux menacent l’économie indienne, le gouvernement Modi appelle à la prudence dans les dépenses.”

Le blocus du détroit d'Ormuz a entraîné d'importantes hausses des prix du pétrole et des engrais. Selon Aroon Purie, rédacteur en chef de India Today, cette situation met en lumière la faiblesse de l’inde qui dépend fortement des importations pour sa sécurité alimentaire et énergétique.

En un an, les prix du pétrole ont augmenté de plus de 53 % et ceux de l'urée, un engrais essentiel, de 60 %. L'appel à la prudence lancé par le Premier ministre Narendra Modi, le 10 mai dernier, constitue un signal alarmant. Le magazine India Today note que la ligne directrice consiste à adopter des comportements d'économie, tels que privilégier le télétravail, limiter les voyages à l'étranger, éviter l'achat d'or et consommer moins d'huile et d'engrais, tout en favorisant les produits locaux.

Néanmoins, des doutes subsistent quant à l'efficacité de ces mesures face à un déficit commercial qui s'élevait, en février, à 310 milliards de dollars (267 milliards d'euros) et qui, selon les analyses, pourrait s'aggraver. Aroon Purie conclut, “Les turbulences ont commencé. La question n'est pas de savoir si elles seront douloureuses, mais plutôt si nous sommes suffisamment préparés pour les absorber.”