La décision du maire de Nice, Éric Ciotti (UDR), de construire une nouvelle prison dans la plaine du Var, au détriment d'un projet de méga-hôpital de 500 millions d'euros, fait beaucoup parler. Ce projet, porté par son prédécesseur Christian Estrosi, ne pourra donc pas voir le jour, laissant place à une nécessité jugée urgente par l'élu.
Lors d'une réunion avec le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, le 26 mai 2026, Ciotti a souligné que la saturation de la prison actuelle, construite à la fin du 19e siècle, affiche un taux d'occupation de 200 %. « C'est un état de faits insupportable », a-t-il déclaré à Nice-Matin.
Des estimations avaient prévu que l'hôpital serait opérationnel vers 2031-2032, mais selon Ciotti, "cette ambition était illusoire, d'autant plus que le projet du CHU Pasteur 2 n'est pas encore achevé". Le maire a déclaré avoir reçu le soutien du directeur régional de l'ARS, confirmant ainsi le manque de financement et les priorités santé et sécurité.
Une nécessité considérée comme absolue
Pour Éric Ciotti, la création de cette maison d'arrêt est essentielle. Un rapport du Figaro rapportait que la prison actuelle a dépassé ses capacités avec seulement 363 places. "La saturation nuit gravement à la qualité de détention et aux conditions de travail des agents", a-t-il affirmé. Pour remédier à cette crise, un processus de libération du terrain, où se trouve la résidence sociale Nicéa, a déjà été initié, promettant un relogement pour les résidents d'ici 2032. Selon Nice Premium, ce terrain accueillait principalement des travailleurs immigrés et compte plus de 1 000 chambres.
Cette décision suscite cependant des débats au sein de la population, et des experts en urbanisme estiment qu'il aurait été possible de redéfinir une partie du projet hospitalier au lieu de l'abandonner totalement. Jacques Lévy, urbaniste renommé, déclare : "Investir dans la santé est tout aussi crucial que dans la sécurité, et il est regrettable que les autorités locales choisissent l'une au détriment de l'autre." Ainsi, cette transformation du paysage niçois ne manque pas d'interroger les priorités des décideurs locaux.







