Ancienne proche de Nicolas Sarkozy, Rachida Dati a connu une défaite retentissante lors des élections municipales à Paris, un revers qui survient alors qu'elle se prépare à faire face à un procès pour corruption cet automne. Malgré une campagne déterminée, Dati n'a pas réussi à renverser l'emprise de la gauche sur la capitale.
Après un premier échec en 2020 face à Anne Hidalgo, ancienne alliée devenue adversaire, la candidate de la droite et du centre a cette fois-ci été battue par Emmanuel Grégoire, représentant d'une gauche unie. Sa performance lors du premier tour, avec seulement 25,46 % des voix, n'a pas permis de capitaliser sur le soutien des centristes, même après une alliance avec Pierre-Yves Bournazel.
Cette union était mal engagée, Bournazel surprenant tout le monde en se retirant de la course.
De plus, Dati n’a pas su tirer parti du maintien de Sophia Chikirou, candidate de la France Insoumise, ni du retrait de l'eurodéputée d'extrême droite Sarah Knafo, deux alliés potentiels. Issue d'un milieu modeste, Dati a toujours été perçue comme un symbole de la méritocratie républicaine depuis sa désignation en tant que garde des Sceaux en 2007.
Son flamboyant style, souvent qualifié de "bling-bling", a fait d'elle une figure clivante au sein même de la droite parisienne. Ce tempérament lui a coûté l’investiture de Renaissance, où Gabriel Attal a préféré un candidat jugé plus conciliant, Pierre-Yves Bournazel. Attal a critiqué le jugement de Dati à propos de la vérité, la qualifiant d"irresponsable" pour confier les rênes de la mairie à quelqu'un avec un tel tempérament.
Pourtant, l'ombre d'un procès pour corruption plane désormais sur Dati, qui sera jugée du 16 au 28 septembre pour avoir prétendument reçu près de 900.000 euros d'une entreprise liée à Renault-Nissan, en échange de lobbying au Parlement européen. Elle conteste les accusations, mais si elle était reconnue coupable, elle pourrait faire face à dix ans de prison et perdre sa fonction de maire du VIIe arrondissement, bastion politique de Paris.
Ses critiques, y compris l’ancien maire Bertrand Delanoë, la décrivent comme "violente" et "manœuvrière", arguant qu'elle a brutalisé la campagne et n'a pas été en mesure de s'installer dans le débat public. Dati a suscité la controverse par ses enhardissements sur Emmanuel Grégoire, l'accusant d’avoir des liens inappropriés, des allégations qu'il rejette avec force.
Non seulement sa campagne sur des thèmes de propreté et de sécurité a été ternie par des déclarations controversées, mais son refus de participer à des débats a considérablement nui à son image. Avec le procès imminent, Dati se retrouve dans une position délicate, entre les défis électoraux et les menaces juridiques qui pourraient l'éloigner du pouvoir parisien.







