Invitée sur France 2 dans l'émission “Les 4V”, Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, a fait le point sur les résultats de son parti lors des élections municipales. Si certaines victoires ont marqué ce scrutin, des pertes dans des villes clés soulèvent des questions sur l'avenir de l'écologie politique en France.
Gilles Bornstein : Vous perdez presque toutes vos villes, y compris de nombreuses grandes villes. Que s’est-il passé ?
Marine Tondelier : Je remercie d’abord les militants écologistes et de gauche qui se sont battus dans des contextes parfois hostiles. Nous avons assisté à une campagne d'une violence inédite, marquée par une diffusion massive de fausses informations. Malgré ces difficultés, nous avons connu des succès à Tours, Grenoble et Lyon, où beaucoup n'y croyaient pas. Des villes comme Sarcelles et Villepinte, traditionnellement moins favorables à notre démarche, ont également été remportées, prouvant qu’une dynamique écologiste est possible.
Néanmoins, vous perdez Bordeaux, Strasbourg, Besançon ou encore Poitiers.
Ces échecs sont douloureux. Je pense aux élus qui ont réalisé un travail remarquable pour améliorer la qualité de vie de leurs citoyens. Pourtant, malgré ces efforts, nous faisons face à des circonstances politiques difficiles. En particulier à Bordeaux, des pressions ont conduit à un retrait surprenant d’un candidat clé, ce qui a compliqué notre stratégie.
Les électeurs n’ont rien compris à votre bilan ?
La politique demande des réflexions profondes. Les macronistes et une partie de la droite ont ciblé notre mouvement, et l’écologie a été constamment attaquée. C’est un combat difficile, exacerbée par la violence des réseaux sociaux, ce qui pousse certains militants à fuir ces espaces de débat essentiels.
Vous reconnaissez peu d’erreurs.
Je me dois d’admettre que notre communication a été un point faible. Sans une approche efficace, notre message est difficile à porter. Nous allons examiner cela en profondeur au sein de notre mouvement.
Une transition réussie vers le gestionnaire ?
Nous avons souvent joué le rôle de paratonnerre pour la classe politique, mais cela ne signifie pas que notre gestion ait été reconnue comme elle le mérite. Malheureusement, la division à gauche n’a pas joué en notre faveur, et des figures comme Jean-Luc Mélenchon ont, selon moi, nui à notre campagne avec des actions qui semblent délibérées.
Vous les mettez sur un même plan ?
Je pense que la division intérieure à gauche nuit à notre capacité à gagner ensemble. Cette situation doit attirer notre attention pour les élections de 2027. La droite, unie dans ses analyses, contraste avec une gauche fragmentée qui se complique la tâche.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.







