Fabrice Leggeri, eurodéputé de la région de Mulhouse, est désormais au cœur d'une polémique judiciaire. Ancien directeur de Frontex, l'agence européenne dédiée à la gestion des frontières, il fait face à de graves accusations de complicité dans des crimes contre l'humanité et de torture.
Deux associations, la Ligue des droits de l'Homme et Utopia 56, ont porté plainte contre lui en 2024. Selon ces ONG, Leggeri aurait été impliqué dans la mort de milliers de migrants en Méditerranée, en facilitant des actions qui ont conduit à leur noyade. Un juge d'instruction pourrait être désigné pour enquêter sur ses actes dans ce qu'on considère comme un crime contre l'humanité.
Des refoulements illégaux de migrants tolérés ?
Les accusations vont au-delà de la négligence. La LDH l'accuse d'avoir facilité l'interception des bateaux de migrants par les gardes-côtes libyens, connus pour leurs traitements inhumains envers les réfugiés, notamment ceux d'origine subsaharienne. Des témoignages d'ONG dénoncent aussi des refoulements illégaux, où les migrants auraient été renvoyés en Libye par des agents de Frontex eux-mêmes.
Si Fabrice Leggeri a jusqu'à présent choisi le silence, son cas ne laisse pas indifférents les acteurs du domaine. L'avocat de la LDH a salué cette enquête comme une avancée cruciale. Il estime qu'il est temps que la responsabilité de cet eurodéputé soit examinée de près, notamment dans le cadre des décès tragiques en mer.
Une fois l’enquête lancée, le Parlement européen pourrait décider de lever son immunité parlementaire, ouvrant ainsi la voie à des poursuites plus sérieuses. Cette affaire soulève des interrogations sur la manière dont les politiques migratoires sont appliquées en Europe et la responsabilité des décideurs face aux tragédies humaines qui se déroulent à nos frontières.







