Jean-Michel Aulas, doyen du conseil municipal de Lyon mais perdant à l'élection, a remis vendredi l'écharpe au maire écologiste Grégory Doucet. Ce moment émouvant a été suivi d'une déclaration martiale de l'ex-président de l'Olympique lyonnais, qui s'est engagé à jouer le rôle d'opposant principal.
La poignée de mains entre Aulas et Doucet a été brève mais empreinte de cordialité. Cependant, le discours de l’ancien magnat du football était déterminé. "Monsieur Doucet, vous portez l’écharpe de maire, mais vous n’avez pas tous les pouvoirs," a-t-il affirmé, soulignant les résultats très serrés du second tour comme un "rappel à l'ordre" significatif.
"Près d’un Lyonnais sur deux n’a pas voté pour vous. Ce désaveu témoigne des préoccupations vives de la population," a-t-il ajouté, marquant ainsi son inquiétude face à la légitimité du nouveau maire.
Doucet, à la tête d'une coalition de gauche, a remporté l'élection avec un score de 50,67% contre Aulas à 49,33%, représentant une avance de moins de 3.000 voix. Cette élection, qui a vu le soutien de La France Insoumise, a créé un paysage politique particulier.
Le groupe d’Aulas, Coeur Lyonnais, qui compte 27 membres sur 73, a l'intention d'être "intraitable" sur les questions de sécurité, un domaine où Doucet devra collaborer étroitement avec son groupe. "Pour le reste, vous aurez besoin de nous," a-t-il insisté, éclairant la nouvelle dynamique du conseil municipal.
Doucet, conscient des enjeux, s'est engagé à coopérer avec la métropole lorsque nécessaire, tout en défendant les intérêts des Lyonnais sans se compromettre. "Je ferai valoir les choix pour lesquels j'ai été élu," a-t-il déclaré avec conviction.
Dans son rôle protocolaire, Aulas a proclamé les résultats du vote qui a confirmé Doucet pour un second mandat. "Le doyen n'est pas seulement celui qui préside, mais aussi un repère de sagesse et d'expérience," a-t-il expliqué avec justesse.
Aulas a également annoncé qu'il souhaitait désormais s'engager pleinement en politique. Dans les semaines précédentes, les sondages l'avaient placé en position de force, et il avait évoqué la possibilité de contester les résultats en raison de "nombreuses irrégularités" observées durant le scrutin.
Cependant, le tribunal administratif de Lyon n'avait reçu aucune plainte à la deadline fixée, laissant pour l'instant le champ libre à Doucet et aux nouvelles dynamiques de la ville.







