Dans deux communes du Lot, lors des récents conseils municipaux, des sièges resteront désespérément vides. La réforme électorale introduite lors des élections de mars a transformé la façon dont les listes de candidats sont constituées. Ces nouvelles exigences ont contraint certaines équipes à se présenter incomplètes.
« Cette loi n’était pas du tout adaptée aux petites communes. Je suis pour la parité, mais dans certains villages, cela a été une obligation et non un choix », déclare Jérôme Richard, fraîchement élu maire de Beauregard, au sud-est du département. Son agacement s’explique par la nouvelle loi du 21 mai 2025, qui modifie l’élection des conseils municipaux.
Adoptée l'année dernière, cette réforme a été mise en œuvre pour la première fois lors des scrutins de mars 2026. Parmi les mesures phares, on retrouve l'interdiction de panachage et l’instauration d’une stricte parité sur les listes. Selon des témoignages locaux recueillis par France 3, ces changements ont suscité des frustrations. « En quatre jours, j’avais trouvé mon quota d’hommes, mais il m’a fallu trois mois pour réunir des femmes sur ma liste », explique un élu, frustré par les délais imposés et un manque d'engagement de la part de la population. Il pourrait finalement présenter une liste réduite de neuf noms grâce à une disposition légale.
À Terrou, la situation diffère légèrement. Didier Moncany, élu en mars 2025, a rencontré de grandes difficultés à former sa liste. Pour stimuler l’engagement local, il a organisé un appel à la participation lors de la traditionnelle galette des Rois. « J’ai réussi à attirer de nouveaux habitants qui viennent d’acheter récemment dans le village », se souvient-il. Malheureusement, l’une de ses candidates a été disqualifiée moins d'une semaine avant le dépôt des listes.
Siéger coûte que coûte
Dans ces communes, une question émerge : que se passera-t-il si un élu se trouve dans l'impossibilité de continuer son mandat ? Jérôme Richard a reçu des assurances de la préfecture, lui permettant de siéger avec un conseil réduit à sept membres. Mais il espère ne pas avoir à en arriver là, même s'il est prêt à envisager de nouvelles élections.
La suppression du panachage a particulièrement irrité les habitants. « Avant, on pouvait voir qui avait le soutien du village, c’était plus simple », regrette Didier Moncany. Dans sa commune, une vingtaine de bulletins nuls a été signalée. Malgré cela, la participation s’est élevée à 71,37 %, soit quatorze points de plus que la moyenne nationale, prouvant que le civisme reste intact dans ces territoires ruraux.







