Face à la montée des arrêts maladie, l'exécutif français s'engage à sévir contre les pratiques abusives qui pèsent sur le budget de la Sécurité sociale. Selon Sébastien Lecornu, "la dérive des arrêts maladie est très préoccupante". L'enjeu est désormais de traquer les abus liés au nomadisme médical ainsi qu'aux prescriptions abusives.
Le gouvernement s’intéresse tout particulièrement aux arrêts de travail prolongés, ceux de plus d'un mois, qui engendrent des coûts significatifs. Il s’agit de mieux comprendre les parcours de soins des patients afin d'identifier d'éventuels abus. Par exemple, des chercheurs de l'Assurance maladie mènent des enquêtes pour déterminer pourquoi un patient, en arrêt pour des troubles musculosquelettiques, n’a pas recours à des traitements comme la kinésithérapie ou des antidouleurs.
Dans la perspective d'un projet de loi, qui sera discuté à l'Assemblée, plusieurs mesures visent à diminuer les fraudes. Parmi elles, la création d'ordonnances médicales et d'arrêts de travail numériques, facilitant ainsi le contrôle et la détection des abus. Parallèlement, le gouvernement envisage d'actionner les leviers nécessaires pour fermer les sites internet dédiés à la vente de faux arrêts de travail, une pratique qui suscite l'indignation de nombreux professionnels de santé, notamment les médecins prescripteurs.
Ces nouvelles dispositions, bien que jugées nécessaires par certains, suscitent également des réserves et des débats au sein de la communauté médicale qui craint de voir ses prérogatives remises en question. Des experts alertent sur le risque de stigmatisation pouvant peser sur les patients à besoins réels.
Enfin, la question de l'équité de ces mesures est souvent évoquée. Selon un rapport de l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (IRDES), les arrêts maladie touchent les populations les plus vulnérables de manière disproportionnée. Ainsi, l’équilibre entre contrôle des abus et respect des droits des patients reste à trouver.







