Lors de son passage dans l'émission Les 4 V sur France 2, Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, a évoqué l'élection récente d'Emmanuel Grégoire, ancien premier adjoint d'Anne Hidalgo, au poste de maire de Paris. Il a été élu le 22 mars dernier et Pécresse n’a pas tardé à le féliciter, faisant part de sa volonté de collaborer étroitement pour résoudre les problématiques entre Paris et ses départements environnants.
Dans cet échange avec Gilles Bornstein, Pécresse a insisté sur la nécessité d'un dialogue constructif concernant la circulation et les services publics qu’incluent l’éducation. Elle a notamment fait remarquer que les embouteillages actuels affectent non seulement la circulation des voitures, mais aussi le fonctionnement des transports en commun, rendant leur utilisation de plus en plus difficile. « Paris ne peut pas être en opposition avec sa banlieue », a-t-elle déclaré, mettant l'accent sur la possibilité de solutions communes dans une région qui a tant à partager.
Gilles Bornstein : Avez-vous des inquiétudes par rapport à la gestion d’Emmanuel Grégoire concernant la circulation à Paris ?
Valérie Pécresse : Ce qui me préoccupe vraiment, c'est que nous devons élaborer ensemble un plan de circulation. Il ne s'agit pas de stigmatiser les automobilistes ou d'augmenter le nombre de voitures, mais de garantir un espace partagé entre tous les usagers. Je suis d'accord avec le développement de pistes cyclables, mais elles doivent être construites de manière à ne pas nuire à la circulation automobile. Nous devons aussi apporter des solutions concrètes telles que des parkings-relais pour faciliter l'accès à la capitale. Il est essentiel de favoriser les transports en commun, car ils servent un public vulnérable, issu de milieux moins favorisés.
Son appel à la coopération s’étend également à la nécessité de prendre en charge les problèmes éducatifs, avec une attention particulière portée aux établissements scolaires en souffrance. Alors que son gouvernement tente de répondre à l'urgence de la situation, Pécresse dénonce un manque d’investissements de la Ville de Paris dans la réparation des infrastructures éducatives.
Désarmer la police municipale, "un retrait dangereux" pour la sécurité
Pécresse a également pris position contre la volonté de certains maires, dont ceux d'extrême gauche, de désarmer la police municipale. Elle considère cela comme un dangereux recul, accentuant le risque de violence. La présidente régionale rappelle que depuis son mandat, elle a investi dans la sécurité, en augmentant les effectifs de police et en mettant en place des dispositifs de vidéoprotection. « Désarmer notre police, c'est affaiblir notre capacité à protéger les Franciliens », a-t-elle souligné.
La montée de la violence est une préoccupation majeure. Pécresse a évoqué la création de brigades de sécurité pour les lieux sensibles, tels que les lycées et les transports, afin de rassurer la population. « Je ne tolérerai pas de zones de non-droit », a-t-elle affirmé, appelant à renforcer les efforts collectifs pour combattre le délitement de la sécurité publique.
Réaction à la violence politique
Concernant les récentes violences envers des élus, Pécresse a condamné toute forme de racisme et d'agression, tout en soulignant la nécessité d'une prise de responsabilité de la part des institutions. Elle tient à préciser qu'elle ne s'alliera pas avec des mouvements d’extrême gauche, mais reste ferme dans sa position contre le racisme sous toutes ses formes.
À l'aube de changements managériaux à la tête de la capitale, la présidente de la région Île-de-France semble déterminée à promouvoir un esprit de coopération, conscient des enjeux reliant la ville de Paris à sa périphérie.







