Invité de l'émission "Tout est politique", Geoffroy Didier, vice-président des Républicains, a abordé les aides annoncées par le gouvernement face à l'augmentation des prix du carburant en France.
France Info : Aujourd'hui, le gouvernement a décidé de débloquer 600 millions pour aider ceux touchés par la hausse du carburant. Était-ce nécessaire ?
Geoffroy Didier : Ces aides ciblées sont effectivement essentielles, notamment pour les transporteurs, agriculteurs et pêcheurs, qui subissent directement les conséquences de la crise actuelle au Proche-Orient. Nous sommes dans l'obligation de restreindre les aides en raison d'une gestion économique précaire qui perdure depuis des années. Si nos finances publiques avaient été mieux gérées, nous aurions pu envisager des mesures plus généreuses comme certaines nations européennes. Bien que le Rassemblement national et La France insoumise réclament une baisse de la TVA et de la fiscalité, il est imprudente de penser que nous pouvons nous le permettre sans conséquences.
France Info : Vous souteniez à l'époque de votre parti la réduction de 15 centimes sur les carburants. Comment justifiez-vous cette position maintenant ?
Geoffroy Didier : Nous devons examiner la réalité en face. La dette publique croît à une vitesse alarmante, équivalente à 5 000 euros par seconde. Si nous poursuivons sur cette voie, nous risquons de compromettre notre avenir économique.
France Info : Qui est responsable de cette situation ? Les Français ou les politiciens ?
Geoffroy Didier : Les responsables politiques portent la majorité de la responsabilité, notamment Emmanuel Macron, dont la gestion a aggravé la situation. Certes, des décisions étaient nécessaires durant la crise du Covid-19, mais si la dette avait été maîtrisée avant, nous ne serions pas dans une telle impasse. Cibler les aides est crucial ; une aide générale serait une erreur fatale.
France Info : Pensez-vous que la réaction du gouvernement a été rapide ou tardive par rapport à cette situation ? Des pressions pourraient-elles engendrer des tensions ?
Geoffroy Didier : Il est vrai que la pression s'intensifie en France. Les citoyens ont droit à la vérité concernant la dette. Je salue François Bayrou qui, en tant que Premier ministre, a osé mettre en lumière cette problématique. Tous les responsables devraient tenir un discours responsable.
France Info : Finalement, quelles sont vos perspectives sur les aides futures ?
Geoffroy Didier : J’aimerais que nous puissions apporter davantage d’aide, mais cette ambition se heurte aux réalités financières. La question se pose de savoir où faire des économies. Les dépenses sociales actuelles limitent nos marges de manœuvre. Nous risquons d’augmenter davantage les impôts pour compenser. À moins que nous ne prenions des décisions courageuses pour réduire ces dépenses, toute aide au-delà de ce qui a été annoncé deviendra un chèque en bois, avec des conséquences pour les générations futures.







