[Cet article a été publié pour la première fois le 26 mars 2026. Il est mis à jour et republié le 31 mars]
Michael Rousseau, le directeur général d'Air Canada, devrait quitter son poste d'ici fin septembre. Son annonce a suscité des remous après qu'il a prononcé un discours presque exclusivement en anglais suite à l'accident tragique survenu le 22 mars à l'aéroport de LaGuardia. Cet incident met en lumière les tensions persistantes autour du bilinguisme au Canada.
Sa prise de parole, où seuls les mots “Bonjour” et “merci” résonnaient en français, n'a pas tardé à déclencher une onde de choc. Les deux pilotes, victimes d'une collision d'un avion d'Air Canada avec un camion, dont l'un était un Québécois francophone, ont révélé des lacunes majeures en matière de communication.
Le conseil d'administration d'Air Canada a annoncé le 30 mars que Rousseau, âgé de 68 ans, prendra sa retraite, soulignant les préoccupations croissantes sur la nécessité d'assurer une communication efficace dans les deux langues officielles du pays. Le Journal de Montréal a déclaré qu'il était "indigne de son rôle", tandis qu'Éric Blais, président de Headspace Marketing, a qualifié la situation d'"irrespectueuse" dans les colonnes de Le Devoir.
Le National Post a affirmé que cet épisode mérite pleinement sa place dans le dossier des communications catastrophiques. “Un manque total de sensibilité à son environnement”, a poursuivi La Presse.
“Manque de jugement”
La controverse ravivée par le discours de Rousseau a encore une fois mis l’accent sur les enjeux d'inclusion linguistique au Canada. The New York Times rappelle que l'absence de français dans son discours a eu des répercussions morales, ré-examinant les efforts des entreprises pour se conformer à la loi sur les langues officielles de 1969.
Bien que La Presse ait reconnu l'empathie de Rousseau, elle s'inquiète du retard pris pour promouvoir le français dans l'entreprise. Le PDG a lui-même admis ses lacunes linguistiques, s'excusant pour son incapacité à parler français correctement : “Je m’en excuse sincèrement et tiens à préciser que je poursuis mes efforts pour m’améliorer.”
Il convient de noter que ce n'est pas la première fois que Rousseau suscite la controverse. En 2021, il avait déjà été critiqué pour sa déclaration selon laquelle il avait réussi à vivre à Montréal sans parler français pendant quatorze ans. Radio-Canada n’a pas manqué de rappeler cette anecdote qui avait marqué le début de son mandat.
La classe politique s'est également exprimée. Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a qualifié l'allocution de "manque de jugement et de compassion". De nombreux élus québécois, y compris le Premier ministre François Legault, ont appelé à sa démission, tandis que le Commissariat aux langues officielles a reçu près de 800 plaintes du public, comme l'indique Le Journal de Montréal.
Dans un communiqué annonçant son départ, Air Canada a précisé que les candidats à sa succession devront avoir la capacité de communiquer en français. Comme l'a conclu Le Journal de Montréal, "cette compagnie semble enfin avoir compris le message".







