Mercredi, le secteur des transports sanitaires sera en proie à des perturbations, alors que les deux principaux syndicats d'ambulanciers privés lancent des appels à la grève aux revendications distinctes. L’un se concentre sur les interventions d’urgence, tandis que l’autre demande une suspension de missions comme les retours d’hospitalisation.
Pour tourner les projecteurs sur les difficultés budgétaires du secteur, la Chambre nationale des services d'ambulances (CNSA), première organisation représentative, a décidé d'interrompre, entre 9h00 et 20h00, certaines missions, à l'exception de celles liées à des urgences vitales.
Cette initiative pourrait entraîner l'annulation de trajets essentiels, comme les retours d’hospitalisation, perturbant ainsi le fonctionnement des établissements de santé. Dominique Hunault, président de la CNSA, a exprimé sa confiance quant au succès du mouvement, déclarant que les taux de participation devraient être significatifs, sans toutefois fournir d’estimations chiffrées.
Le syndicat souligne que les tarifs des interventions remboursées par l’Assurance maladie sont trop bas pour compenser l’augmentation des coûts, en particulier pour les interventions d'urgence préhospitalière. M. Hunault précise que les entreprises ne reçoivent que 64 euros de l'heure pour mobiliser deux ambulanciers, un véhicule et tout le matériel nécessaire, ce qui les place dans une situation financière précaire.
La CNSA a également alerté que le nombre de défaillances d'entreprises a triplé en 2025, atteignant 147 incidents, et réclame d'urgence le déblocage de fonds ainsi que l'ouverture de négociations avec l’Assurance maladie pour établir un modèle économique viable.
De son côté, la Fédération nationale de la mobilité sanitaire (FNMS), seconde organisation représentative, s'oppose à une réforme projetée dans la loi de décentralisation, laquelle donnerait aux préfets la responsabilité de l'organisation des transports d'urgence. Olivier Assié, co-président de la FNMS, a critiqué ce processus, affirmant que la profession ainsi que le Samu ont été exclus des discussions. Il craint que les considérations médicales soient mises de côté au profit d’une logique organisationnelle.
La FNMS appelle les ambulanciers à se retirer des tableaux de garde mis à disposition du Samu, soulignant que leur absence pourrait entraîner des réquisitions par les préfectures, prouvant ainsi leur nécessité sur le terrain. Actuellement, plus de la moitié des départements français ont déjà vu des ambulanciers réquisitionnés.
Les discussions entre la CNSA, la FNMS et le ministère de la Santé sont prévues pour ce mercredi, un moment clé pour tenter de résoudre cette crise au sein d'un secteur en pleine mutation.







