À Roquebrune-sur-Argens, près de Fréjus, une herse fait parler d'elle en criblant les pneus des véhicules circulant à contresens.
"Système antirecul. Attention, ne reculez pas !" Ce message éloquent orne un panneau à la sortie d'un parking de la zone commerciale. Cette invention, à savoir une herse, a été mise en place pour dissuader ceux qui choisissent de ne pas respecter les panneaux de circulation. Les dents métalliques profondément enfoncées dans les pneus des voitures intruses ont déjà causé des mésaventures à de nombreux automobilistes, semant la frustration parmi les usagers de la route.
"Les automobilistes empruntent cette sortie à contresens pour gagner du temps", témoigne un commerçant local. "Cela engendre des embouteillages, et nous avons évité plusieurs accrochages." Cette action préventive fait suite à des incidents antérieurs soulignant l'inefficacité des panneaux de sens interdit aux abords de la route, et reflète un désespoir croissant face à la désinvolture routière.
Un dispositif légal ?
Malgré son efficacité, la légalité de cette herse soulève des interrogations. "Cet équipement est situé sur une propriété privée. La commune n'est donc en aucune façon responsable de sa mise en œuvre ou de sa gestion", précise un porte-parole de la mairie. Cette situation met en lumière un aspect crucial de l'aménagement urbain, où la nécessité de sécurité routière se heurte parfois à des contraintes légales complexes.
Si cette herse avait été installée sur un domaine public, son utilisation serait illégale, sauf pour les forces de l’ordre, qui pourraient avoir l’autorisation de s'en servir pour arrêter des chauffards. Alors que certains saluent cette initiative comme un acte nécessaire, d'autres s'inquiètent des potentielles répercussions sur les automobilistes innocents. La situation à Roquebrune-sur-Argens est un parfait exemple des défis auxquels sont confrontées les communes pour garantir la sécurité sur les routes.







