« Beaucoup de nos collègues l'ont appris hier. Pour eux, c'est la sidération », confie Laurent Lantonnat, employé du service informatique du Populaire du Centre et membre du CSE de Centre France. Jeudi 9 avril, lors d'une séance extraordinaire, le groupe de presse a révélé un plan de suppression de 152 postes parmi ses 1 600 employés. Au sein du Populaire, ce sont 10 journalistes et trois employés des services de soutien qui seront licenciés dès le premier trimestre de 2027, comme l'indique le Syndicat national des journalistes. Actuellement, le journal haut-viennois compte 55 postes.
La fin d'un relais d'information locale
Le plan de sauvegarde de Centre France vise notamment deux postes de journalistes dans les agences du Populaire à Bellac et à Saint-Junien, entraînant la fermeture de ces antennes locales. Cette annonce a suscité une vive émotion parmi les salariés, d'autant plus que le journal a célébré ses 120 ans l'année dernière et affiche une santé financière stable, avec près de 12 millions d'euros de chiffre d'affaires annuels. Ce chiffre en fait le troisième plus important de Centre France, juste après La Montagne et l'Yonne Républicaine.
Des experts en médias soulignent l'impact de ces suppressions sur le paysage de l'information locale. Jean-Marc Desjardins, spécialiste des mutations des médias, note que ces décisions posent des questions cruciales sur l'avenir du journalisme local dans une ère numérique où la proximité est primordiale. La communauté locale pourrait se retrouver moins informée et moins connectée à son histoire et ses préoccupations.
Les réactions continuent d'affluer, et le climat au sein de la rédaction reste tendu, alors que les employés craignent que ces mesures ne soient qu'une étape dans un processus de rationalisation plus vaste. Alors que le Populaire du Centre semble survivre financièrement, l'inquiétude grandit quant à l'avenir de l'information locale et à sa capacité à s'adapter aux transformateurs de l'ère numérique.







