Depuis son ouverture à Étoile-sur-Rhône en novembre, le refuge Saint-Roch, qui s'occupe des animaux abandonnés, fait face à un problème grandissant : les aboiements de ses 70 habitants canins dérangent les riverains. Bien que le refuge ait été construit au milieu des champs, les voix des animaux résonnent jusque dans les maisons des voisins.
Emmanuel et Sandrine, vivant à 500 mètres du refuge, partagent leur frustration. "On se couche et on se lève avec les aboiements. Pour s'endormir, c'est un véritable défi", se désole le couple. D'autres résidents, comme Jean-Marie, redoutent les mois à venir alors que le printemps s'installe. "Ça va devenir insupportable, surtout quand je travaille en télétravail," déclare-t-il, soulignant que le mistral amplifie le bruit.
Une étude acoustique confirmait les nuisances sonores
Des tensions surgissent même au sein des foyers. "Certaines familles ne s'entendent plus, un partenaire veut vendre, l'autre refuse," note Jean-Marie. Pour faire entendre leur voix, des riverains ont commandé une étude acoustique qui a révélé que les aboiements dépassent les normes acceptables en termes de décibels et de durée.
Conscients des inconvénients, les riverains, regroupés en collectif de l'Ozon, envisagent de prendre des mesures judiciaires afin de faire face à la situation.
Moins d'aboiements qu'à Valence
Le directeur du refuge, Pierre-Henri Aupècle, a refusé de commenter cette situation lors d'une interview, mais il assure qu'il n'ignore pas les préoccupations des résidents. "Il y a moins de bruit ici qu'à Valence où nous étions auparavant. Nous avons pris en compte de nombreux facteurs pour offrir un cadre favorable aux chiens", indique-t-il. Il précise qu'un gardien réside sur place et que les bénévoles déplacent les chiens bruyants quand cela est nécessaire. Cependant, il rappelle que le seul moyen d’éliminer complètement le bruit des aboiements serait d'éradiquer la cause principale : les abandons d'animaux.
Alors que les aboiements continuent d’alimenter les tensions entre le refuge et ses voisins, la recherche d’un équilibre semble plus que jamais nécessaire pour garantir le bien-être des animaux tout en respectant la tranquillité des riverains.







