Seule construction classée au patrimoine mondial de l'UNESCO en Haute-Saône, la chapelle Le Corbusier, sise à Ronchamp, attire des visiteurs de tous horizons. Conçue par l'architecte légendaire Le Corbusier en 1955, cet édifice a suscité un intérêt considérable, soulevant des questions quant aux bénéfices économiques pour la commune.
Malgré son statut prestigieux, l'avis au sein de la communauté locale est partagé. Certains, comme Annie, 80 ans, louent la beauté de la chapelle, décrite comme un "bateau unique". D'autres, comme Nathalie, regrettent l'absence d'une infrastructure d'accueil véritablement adaptée pour les touristes : "Il n'y a rien, ils voient la chapelle et s'en vont", déplore-t-elle.
Les commerçants, quant à eux, dressent un constat similaire. Bruno, un boulanger local, souligne que seul son établissement semble profiter de ce flux touristique : "Il n'y a pas de navette, les visiteurs arrivent, traînent leurs valises jusqu'en haut". Sa remarque met en lumière un problème majeur : l'accessibilité de la chapelle reste un défi pour les visiteurs.
Des experts comme Éric Seligmann, urbaniste à la mairie de Ronchamp, envisagent des solutions. "Nous devons développer des services de transport et des activités pour enrichir l'expérience des visiteurs", affirme-t-il. Celles-ci pourraient inclure des visites guidées intégrant d'autres lieux d'intérêt à proximité.
Pourtant, certains se demandent si les investissements nécessaires viendront. Selon une étude de la France info, seuls 10 % des visiteurs de la chapelle prolongent leur séjour dans la commune et la majorité ne dépense pas au-delà de l'entrée.
En somme, bien que le classement de la chapelle Le Corbusier soit une fierté pour la région, les retombées économiques semblent encore limitées. Pour assurer un avenir prospère à Ronchamp, la question d'une stratégie d'accueil et de développement touristique est essentielle.







