Au cœur d'une crise financière, l'Université de Technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM) fait face à des inquiétudes croissantes de la part de ses étudiants internationaux. Le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a annoncé une réduction drastique des exonérations de frais d'inscription pour les étudiants hors Union européenne, imposant ainsi une pression déstabilisante à ceux qui désirent poursuivre leurs études en France.
Depuis 2019, les étudiants étrangers sont confrontés à des frais élevés : 2 895€ pour une licence et 3 941€ pour un master. Des mesures permettent actuellement d'atténuer le coût, mais selon le ministre, moins de 10% des demandes d'exonération pourraient être acceptées. Pour beaucoup, comme Mehdi, 22 ans, cela signifie un changement significatif dans leurs moyens financiers. "Les parents ont dû rallonger leur budget pour mes études, et j'ai dû travailler pour compenser", explique-t-il, soulignant la réalité difficile d'un parcours académique en France.
Abderrhamane, également en quatrième année, partage des craintes similaires. Bien qu'il ait bénéficié d'un statut fiscal lui permettant de payer moins, il est conscient que de futurs étudiants pourraient renoncer à venir en France. "Les amis marocains que je connais choisissent d'autres destinations, car les frais sont devenus trop élevés", témoigne-t-il. Cette situation est d'autant plus préoccupante alors que la France a besoin de former des milliers de diplômés pour ses industries.
Mobilisation des syndicats étudiants
Suite à cette annonce, des syndicats tels que l'Union étudiante et la FAGE ont promis de mobiliser les étudiants pour défendre un accès équitable à l'éducation. "Nous demandons l'abandon du programme 'Bienvenue en France' qui crée des discriminations entre étudiants français et étrangers", déclare Eliott, un membre actif de l'UNEF. La question des frais différenciés est devenue un point central, évoquant des préoccupations plus larges sur l'accès à l'enseignement supérieur.
L'UTBM, tout en se réservant de commenter, reste attachée à l'internationalisation de ses programmes, avec plus de 60 nationalités représentées parmi ses étudiants. Les inquiétudes et les témoignages des étudiants illustrent une réalité complexe qui pourrait redéfinir l'attractivité de la France en matière d'éducation supérieure.







