Plus de cent professionnels de santé et patients unissent leurs voix dans une tribune publiée ce dimanche, exhortant à l'implication accrue des établissements privés afin de diminuer les délais d'attente pour la procréation médicalement assistée (PMA). Ces revendications apparaissent alors que de nombreux Français se tournent vers des banques de gamètes à l'étranger, un phénomène dénoncé par les signataires de cette déclaration, notamment des gynécologues et biologistes œuvrant dans le public et le privé (source : Le Monde).
La France affirme sa volonté de renforcer l'accès à la PMA, mais les enjeux demeurent importants. "Malgré une dynamique de don de gamètes bien réelle, les délais d’accès restent préoccupants et ne diminuent qu'à peine", a déclaré l'un des signataires. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : en 2025, le délai moyen pour une PMA avec don de spermatozoïdes était de 17,7 mois, tandis que pour un don d'ovocyte, il atteignait 22 mois. Ces délais fluctuent selon les régions, allant de 8 à 28 mois, illustrant des tensions notables dans des zones comme l’Île-de-France ou la Bourgogne-Franche-Comté.
« Il est urgent de considérer l’intégration des laboratoires de biologie médicale présents dans le secteur privé pour optimiser la collecte et la gestion des gamètes », plaide un médecin impliqué dans cette initiative. En France, le don de gamètes reste essentiellement limité à une trentaine de centres hospitaliers publics, souvent surchargés. Des solutions innovantes sont envisagées, incluant des propositions d'indemnisation forfaitaire pour les donneurs, alors que d'autres pays européens, comme l’Espagne et le Danemark, proposent déjà des systèmes d’indemnisation.
Par ailleurs, la loi de bioéthique adoptée en 2021 a élargi l’accès à la PMA, entraînant une hausse conséquente des demandes. Cependant, la capacité à répondre à cette demande croissante est en deçà des espoirs des patients et professionnels. En ce sens, les signataires de la tribune soulignent l’importance d’un débat sur la participation du secteur privé pour répondre à la forte demande en PMA.







