À une centaine de kilomètres de Lourdes, le cloître de la mairie de Saint-Sever a été sélectionné par un réalisateur américain pour filmer la vie de Bernadette Soubirous, connue pour ses visions de la Vierge Marie au XIXe siècle.
À 14 ans, Bernadette Soubirous aurait été témoin de 18 apparitions mariales à Lourdes en 1858, rendant la ville célèbre internationalement. En 2025, près de 4 millions de pèlerins se rendent chaque année à ce sanctuaire sacré.
Suite à ces événements, la vie de Bernadette a été bouleversée. Elle est devenue la cible des médias et a consacré sa vie religieuse à l'Église. Dan Johnson, un réalisateur d'Alabama, tente de retranscrire cette histoire dans son premier long-métrage intitulé "Bernadette & The Lady of Lourdes". Ce projet, qui le passionne depuis plus de deux ans, vise à faire découvrir cette histoire française à un public anglophone. "Cela se passe très bien, et nous sommes très enthousiastes", confie Paul Duda, le producteur du film.
Il ajoute en plaisantant : "Nous avons choisi de le tourner en anglais car les Américains ont des difficultés avec les sous-titres."
Lourdes ou Saint-Sever ?
Le tournage a commencé le 23 mars dans les Pyrénées-Atlantiques. Saint-Sever a accueilli les équipes du 20 au 24 avril pour diverses scènes, bien que ce lieu ne soit pas lié à Bernadette, qui a vécu à Lourdes avant d’entrer au couvent de Nevers.
La décision de tourner à Saint-Sever s’explique par ses décors pittoresques. Gaëlle Risch, la régisseuse, explique : "Pour un film historique, il faut avoir des décors d’époque. Tourner à Lourdes n'est pas techniquement possible, et le couvent de Nevers ne ressemble plus à celui du XIXe siècle."
Le soutien de la mairie a permis de prêter ces majestueux décors. Flora Valette, responsable de la communication, souligne : "Tout le monde en profite, que ce soit les artisans ou les commerçants, grâce à la présence de l’équipe sur place." L’ensemble de l’équipe est logé dans un camping habituellement fermé à cette période de l’année.
Une journée de tournage
Durant une scène, le cloître a été transformé en une reconstitution de l'époque avec des religieuses, des prêtres, et des civils en tenues typiques. Bien que la scène finale ne dure que 45 secondes, le processus a nécessité plus d'une heure et demie pour capturer l’atmosphère souhaitée. Les comédiens, sous une chaleur estivale, ont dû maintenir leur professionnalisme malgré les conditions.
Félix, l’assistant du réalisateur, s’est adressé à l’équipe pour maintenir le calme avant le tournage. "Moteur… Action !" a résonné, et la scène a été répétée plusieurs fois, assurant une précision optimale sur chaque détail. Des élèves du lycée Charles-Despiau de Mont-de-Marsan étaient présents, touchés par l’ampleur du travail nécessaire à chaque prise. "C'est fascinant de voir tout ce qui se cache derrière", a remarqué Félix Sivek.
Un budget de trois millions de dollars
Le tournage est un projet ambitieux avec un budget avoisinant trois millions de dollars, imposant une rigueur pour respecter le calendrier de 25 jours de production sans déviation. Gaëlle Risch précise d’ailleurs que la production n’a pas bénéficié d’aides du CNC, le financement provient principalement de dons privés.
Bien que le projet soit américanisé, avec un réalisateur et une vision ciblant le public anglophone, plusieurs distributeurs américains ont déjà été approchés. Des discussions sont en cours pour permettre une diffusion du film dans les salles françaises également.
Ce long-métrage pourrait bien redynamiser l'intérêt pour l'histoire de Bernadette Soubirous, au-delà de ses frontières.







