Ce mardi 28 avril, à l'initiative des syndicats FNSEA et JA, une action de protestation a eu lieu devant le siège de la Fédération Départementale des Chasseurs de l'Yonne. Les agriculteurs ont dénoncé l'inaction de certaines sociétés de chasse commerciales dans la régulation des sangliers, responsables de lourds dégâts sur leurs terres.
Un blocage symbolique à Saint-Georges-sur-Baulche
La circulation a été entravée sur l'avenue de la Paix à Saint-Georges-sur-Baulche, près d'Auxerre, où sept tracteurs ont été immobilisés. Yves Erfort, agriculteur à Venouse, décrit la situation avec amertume : "Chaque année, nos récoltes subissent de 30 % à 70 % de ravages par les sangliers, avec des pertes financières évaluées entre 8 000 et 30 000 euros." Ces pertes ne se limitent pas seulement aux compensations proposées par la Fédération de Chasse, mais engendrent également une charge de travail supplémentaire et des dégradations de matériel, poussant certains agriculteurs à douter de leur avenir.
Des pratiques de chasse en question
Les agriculteurs, tout en affirmant leur volonté de collaborer "en bonne intelligence" avec certains chasseurs, soulèvent des problématiques avec les sociétés de chasse à vocation commerciale. Franck Pouillot, secrétaire général de la FDSEA 89, explique : "Ces sociétés cherchent à maintenir des populations de gibier importantes pour satisfaire un public d'invités. Cela engendre inévitablement des dégâts dans les exploitations agricoles qui les entourent." Une pratique décriée est le nourrissage excessif des sangliers, qui accentue leur présence dans les champs cultivés.
Un dialogue rompu
Les discussions se sont poursuivies malgré des tensions palpables lors de la rencontre avec Olivier Lecas, président de la Fédération Départementale des Chasseurs. Bien que l'échange ait été cordial, peu d'efforts concrets semblent envisagés pour remédier à la situation. Lecas concède qu'il n'a "pas de pouvoir de police" sur les sociétés commerciales et admet qu'il existe à la fois "de bons et de mauvais chasseurs". Les agriculteurs, déterminés, se tournent désormais vers la préfecture pour obtenir un soutien plus actif face à ces difficultés.







