Alors que les syndicats unissent leur voix pour faire entendre leur désarroi, le projet de loi d'urgence agricole, discuté à l'Assemblée nationale depuis le 19 mai 2026, fait déjà l'objet de vives critiques. Destinée à répondre aux préoccupations des agriculteurs, cette loi semble, hélas, manquer son objectif, comme le relèvent de nombreux acteurs du secteur à l'image d'Olivier Fridez, président de la FDSEA du Territoire de Belfort. Il souligne : "Nous avons l'impression que c'est encore une fois du marketing législatif qui ne fait pas avancer les choses".
Bien que certaines mesures, telles que la protection des sols agricoles et la simplification de certaines démarches, aient été saluées, elles restent, selon Fridez, largement insuffisantes. "Ce n'est pas parce qu'on autorise de grands bâtiments agricoles qu'on garantit la rentabilité. La production ne se décrète pas", insiste-t-il. Ce sentiment est partagé par Laëtitia Genty, porte-parole de la Confédération paysanne. En tant que maraîchère, elle interpelle : "Nous demandons des prix minimums pour couvrir nos coûts et une régulation des volumes sur le marché".
Manque de réalisme et d'adaptation
Les préoccupations des agriculteurs vont bien au-delà de simples ajustements techniques. Genty évoque un besoin urgent de réflexion sur le renouvellement des générations : "Nous manquons cruellement d'initiatives pour soutenir la nouvelle génération de paysans", déplore-t-elle. Cette situation soulève également des inquiétudes quant à la réduction des contrôles citoyens, notamment en ce qui concerne l'installation de méga bassines sans consultation publique préalable.
Alors que le texte de loi présente un enchevêtrement d'amendements, nombreux sont ceux à douter que ces changements puissent vraiment bénéfiques pour le secteur, surtout dans la région du Nord Franche-Comté, où les réalités agricoles sont très spécifiques. En somme, l'absence de réponses concrètes et adaptées continue de peser sur les esprits des exploitants, qui aspirent à une législation véritablement tournée vers leurs besoins réels.







