À Vesoul, en Haute-Saône, la municipalité a récemment proposé des activités variées pour les jeunes, tout en mettant en lumière une question préoccupante : la hausse significative des frais universitaires pour les étudiants étrangers hors UE. Dès la rentrée, les tarifs pour une année de licence, actuellement de 178 €, exploseront à 2.895 €, tandis que ceux d'une année de master passeront de 254 € à 3.941 €.
Bien que cette augmentation ne soit pas une nouveauté, ayant été introduite par une loi de 2019, elle se concrétise désormais avec un nouveau décret du ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste. Celui-ci institue un quota d'exonération pour les universités, permettant un maintien de 30 % d'étudiants exonérés, qui sera réduit à 20 % d'ici 2028.
Un étudiant témoigne
Sur le campus de Bouloie à Besançon, Napo, un étudiant togolais de 18 ans, est alarmé par cette perspective. "Ça va être désastreux. Je travaille déjà et je ne gagne pas assez pour régler cette somme exorbitante. Ça nécessiterait que je fixe un autre emploi", confie-t-il. Napo sera toutefois soulagé d'apprendre que cette augmentation ne s'appliquera pas aux étudiants déjà inscrits, une mesure visant à maintenir l'attractivité des diplômes français selon le ministre.
Muriel, originaire du Cameroun et en première année d'économie à Besançon, craint une conséquence inverse. "Je pense que ça va limiter le nombre de candidatures. Avec 3.000 € en franc CFA, cela représente plus de 2 millions sur notre sol !", souligne-t-elle, alertant sur les impacts économiques dans son pays.
Une décision critiquée
Bien que Muriel ne soit pas concernée par cette hausse, elle admet qu'elle aurait probablement reconsidéré son choix d'étude en France si les frais avaient été appliqués plus tôt. "Je serais peut-être allée vers l'Allemagne où les frais sont plus accessibles", note-t-elle.
Selon Yohan Serrault, vice-président de la BAF, cette décision risque d'entraîner un "écrémage" des étudiants étrangers. "Seules les personnes disposées à assumer financièrement ces coûts pourront étudier en France, ce qui va à l'encontre de l'égalité d'accès à l'éducation", déplore-t-il.
L'Université Marie et Louis Pasteur de Besançon a quant à elle exprimé son opposition à cette hausse, soulignant l'importance de préserver l'accès à l'éducation pour tous.







