Après avoir institué des consignes pour les bouteilles en verre, Emmanuel Macron envisage désormais un système similaire pour les bouteilles en plastique. Cette initiative a suscité l’opposition des collectivités locales, responsables du traitement des déchets, notamment le Sytevom, le Syndicat de Transfert, d'Elimination et de Valorisation des Déchets Ménagers, qui dessert en partie la Haute-Saône et le Doubs. Le président a récemment réitéré la proposition, ravivant ainsi le débat. Une machine de déconsigne, implantée dans un supermarché à Exincourt, attire déjà quelques utilisateurs. Cette initiative pourrait servir de modèle au futur système proposé par le Président.
Test d'une machine de déconsigne à Exincourt
Depuis un an et demi, une machine de déconsigne est installée à l'entrée du Super U d'Exincourt. En échange d'une bouteille plastique, les usagers reçoivent un bon d'achat de deux centimes. Les bouteilles sont ensuite broyées en paillettes et récupérées par la société Cristalline pour être recyclées. Le projet de consigne voulu par Emmanuel Macron pourrait s'apparenter à ce système, mais avec une gestion directe par les industriels, qui augmenteraient d'abord le prix des produits pour restaurer quelques centimes en retour.
Frédéric Temboury, directeur adjoint du Super U, affirme que l’intérêt de cette machine ne réside pas uniquement dans l’aspect financier : "Elle attire de nouveaux clients et contribue à leur fidélisation grâce aux bons d’achats." Les habitués de la machine viennent souvent le matin avec des caddies de bouteilles, considérant cette initiative comme "une alternative pour ceux qui ne trient pas". Joëlle, une cliente, approuve : "Il faut des mesures incitatives pour encourager le tri des déchets."
Une fausse consigne selon le directeur du Sytevom
Les collectivités en charge des déchets, comme le Sytevom, s’opposent fermement à l’idée d’une consigne pour bouteilles plastiques. Son directeur, Christophe Tary, la qualifie de "fausse consigne", soulignant qu'elle ne permettrait pas de remplir des bouteilles pour une réutilisation, mais de recycler. Cela remettrait en question les investissements des collectivités en matière de tri et de valorisation des déchets.
Alors que la France doit respecter des objectifs de recyclage imposés par l'Union européenne d'ici 2030, Tary avertit que l'instauration d'un système de consignes pourrait coûter entre 1,8 et 2 millions d'euros par an au Sytevom. En effet, ces nouvelles machines seront gérées par des entreprises de boissons, qui rattraperont la dépense par une augmentation de prix pour le consommateur. "Les citoyens paient déjà pour le traitement de leurs déchets et seraient pénalisés par un surcoût pour récupérer quelques centimes", conclut Tary.







