La collecte qui soutient l'Agoraé sur le campus de la Bouloie se déroule les 29, 30 et 31 mai à Besançon dans trois supermarchés de l'agglomération. Cette épicerie solidaire a déjà distribué 33 tonnes de nourriture à des étudiants en situation de précarité depuis septembre dernier.
La signature de l'arrêté anti-mendicité, jugé "agressif et alcoolisé", a profondément perturbé les sans-abri rencontrés par le média ICI Besançon. Margaux, 35 ans, qui vit dans la rue depuis trois ans, a été contrôlée par la police près de la gare de Besançon, le jour où cet arrêté est entré en vigueur.
"On se sent mis de côté"
Margaux raconte : "La police est toujours présente. J'étais assise calmement devant la gare, demandant de l'argent avec humour." Deux voitures de police se sont approchées et lui ont déclaré : "Madame, la mendicité agressive est désormais interdite." Elle s'interroge : "Quelle est la différence entre mendicité agressive et mendicité tout court ? Nous sommes perçus comme une nuisance. On se sent complètement exclus."
Cette politique controversée est justifiée par le maire de Besançon, Ludovic Fagaut, qui cite une "augmentation des agressions dans l'espace public avec l'arrivée des beaux jours". Selon les autorités, près de soixante-mains courantes liées à des cas d’alcoolisation, ainsi que divers troubles à la tranquillité publique, ont été rapportées récemment. "Entre le 1er mars et le 18 mai, nous avons reçu une vingtaine de courriers de citoyens, commerçants et riverains", ajoute-t-il.
L'arrêté, valable jusqu'au 15 octobre 2026, vise plusieurs secteurs de la ville. Les personnes sans-abri qui
"demandent de l'argent de manière insistante ou alcoolisée" encourent jusqu'à six mois de prison et 150 euros d'amende. Cette situation suscite des interrogations sur la gestion de la pauvreté et la sécurité publique. Anthony, un expert en politiques sociales, souligne que "toute réglementation doit trouver un équilibre entre sécurité et humanité", un enjeu qui reste à débattre dans le cadre de l'évolution de ces mesures à Besançon.







