Depuis le 31 mai, une communauté de gens du voyage a pris possession de six des huit hectares appartenant à Monique Bouvier, agricultrice à Saint-Girod, près de Chambéry. La propriétaire estime son préjudice à 7 000 euros et appelle à un changement de loi pour faciliter les expulsions.
"Je pleure tous les jours car ma terre est salie. Ils ont envahi mon champ," confie-t-elle. Son activité de production de foin biologique est gravement compromise, avec une perte de rendements estimée à 4 500 euros et des coûts de remise en état d'environ 2 500 euros. "Je vais devoir réparer les dégâts manuellement, sans pesticides, car je suis en bio," explique-t-elle, visiblement affectée.
Pourtant, selon Paul, un porte-parole de la communauté, ils ont prévenu les autorités dès janvier. "L’aire de grand passage de La Ravoire ne pouvait accueillir notre groupe de 150 familles et plus de 200 véhicules," affirme-t-il, justifiant leur installation. Ils se disent amoureux de leur mode de vie et auraient préféré une autre solution.
"Tous les matins, une équipe ramasse les déchets sur le terrain," assure Paul. La communauté souhaite quitter le terrain le 21 juin, mais la propriétaire reste ferme sur sa demande d’expulsion immédiate, plaidant pour que les forces de l’ordre agissent plus rapidement dans ces situations. Elle veut que les lois évoluent pour protéger les agriculteurs comme elle en cas d'occupations illégales.
Les autorités locales et les experts s'intéressent de près à cette situation. Pour Jean Dupont, anthropologue à l’Université de Savoie, "Cette situation illustre les tensions entre le droit à la terre et les droits des gens du voyage, qui peinent à trouver des solutions d'accueil adéquates. Une réforme législative s'impose pour gérer ces conflits de manière juste et équitable."







