Après le tragique meurtre de la collégienne Lyhanna dans le Gers, des organisations féministes et de défense des enfants appellent à un vaste mouvement de solidarité ce samedi à travers la France. L'objectif est de demander une législation intégrale contre les violences sexuelles.
Les manifestations, qui se dérouleront dans environ quatre-vingts villes, dont Paris, Agen et Bordeaux, visent à mettre en lumière l'urgence d'une loi-cadre, une demande qui se renforce depuis la mort de la jeune Lyhanna. Cette mobilisation s'appuie sur l'indignation générée par cet événement tragique pour rappeler l'importance d'une réponse législative complète, comme l'exige la coalition féministe et enfantiste. Ce texte ciblera les violences sous toutes leurs formes, incluant prévention, traitement judiciaire et soutien aux victimes, en particulier les plus vulnérables.
À Paris, la marche débutera à 15 heures 30, partant de la place de la Bastille vers Nation. De plus, ce mouvement citoyen propose de reconnaître le caractère systémique des violences sexuelles dans notre société patriarcale, en évitant les réponses législatives fragmentées en réaction à des affaires isolées.
« La surenchère répressive, prônée par certains, ne protégera ni les femmes ni les enfants », déclarent les organisateurs. En effet, cette coalition, qui comprend plus de 160 groupes, a élaboré près de 140 mesures pour combattre efficacement ces violences, inspirées par les modèles mis en place en Espagne. Les parlementaires, comme Céline Thiébaut-Martinez, soutiennent également cette cause, ayant présenté une proposition de loi transpartisane fin 2025.
Le gouvernement, en réaction à cette mobilisation, a annoncé un examen des mesures autour de la pédocriminalité. Cependant, les associations restent vigilantes et insistent sur la nécessité de garantir un budget adéquat de 3 milliards d'euros par an pour la mise en œuvre complète de ces propositions.
Pour Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, cette mobilisation est sans précédent dans le mouvement féministe. Suzy Rojtman, militante féministe, conclut que cette jonction entre organisations féministes et défenseurs des enfants marque une étape historique qui pourrait changer la donne pour les victimes de violences sexuelles. Alors que le ministère de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, se prépare à rencontrer les parlementaires en juillet, l'espoir demeure que cette fois-ci, la voix des citoyens sera entendue.







