"Un petit déj' puis nous traversons pour nous faire entendre !" Mercredi 2 juillet, les sapeurs-pompiers de l’Hérault se sont rassemblés au centre de secours de Montaubérou avant de se diriger vers l’Agence Régionale de Santé (ARS), à quelques pas de là.
Leur but ? "Dénoncer la surutilisation de nos ressources et exiger des solutions". Selon les syndicats de pompiers, la régulation médicale du Samu (Centre 15) fait appel à leurs services pour des interventions qui ne sont pas des urgences, et ce, en raison d’une gestion jugée insuffisante par les responsables du Centre départemental des appels d’urgence (CDAU) situé à Vailhauquès.
"Certaines pratiques de régulation mènent à une mobilisation automatique des moyens du Service départemental d’incendie et de secours", expliquent David Payant (SNSPP-PATS 34) et Gautier Néolas (SA SPP-PATS-34). "Cela peut parfois protéger une décision individuelle, mais cela fragilise notre dispositif collectif".
Le temps d'attente s'allonge
"Nous refusons que nos moyens, destinés à répondre aux urgences vitales, deviennent la réponse systématique à des défaillances organisationnelles du système de santé. En considérant les véhicules de secours comme toujours disponibles, on oublie qu’un équipage déjà engagé ne pourra pas répondre à un nouvel arrêt cardiaque, par exemple", ajoutent les pompiers.
Dans les hôpitaux, les véhicules de pompiers souffrent d'une absence de priorité, ce qui les immobilise souvent durant plusieurs heures, au milieu d'ambulances privées et du Service Mobile d’Urgence et de Réanimation (SMUR). Cette situation force la régulation à solliciter des ambulances de plus en plus éloignées de Montpellier, augmentant ainsi les temps d'attente pour les patients, selon France Info.
Des demandes pressantes
Le 1er juillet, les représentants des pompiers ont présenté plusieurs demandes à Cédric Laperteaux, le nouveau directeur départemental de l’ARS.
"Vous pourriez analyser objectivement la pertinence des interventions des véhicules de secours, harmoniser les pratiques de régulation, et favoriser un dialogue constructif avec les responsables du CRRA 15. Nous sollicitons également plus d’équilibre dans la mobilisation des établissements de santé", ont précisé les syndicats.
Afflux de population en été
Cette problématique persiste et est accentuée durant la saison estivale, prévue pour être caniculaire. L’augmentation du nombre de touristes, ainsi que la montée des risques (incendies, accidents de la route, noyades...) augmentent la pression sur le SDIS 34.
Le SDIS a récemment soutenu les revendications des syndicats lors d'une réunion en préfecture. "Les effectifs actuels ne suffisent plus à absorber notre charge de travail", affirment les sapeurs-pompiers, soulignant l’urgence d’agir pour garantir un service de sauvetage adéquat.







