Frédéric Péchier, anesthésiste de 54 ans, continuera de purger sa peine derrière les barreaux. Mercredi, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Besançon a rejeté sa demande de remise en liberté, comme l’a annoncé le parquet général dans un communiqué. Condamné le 18 décembre dernier à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir empoisonné 30 patients, dont 12 ont perdu la vie, Péchier a fait appel de cette décision.
A l’issue d’un long délibéré qui a duré près de quatre heures, le tribunal a conclu qu’un éventuel relâchement pourrait créer un « trouble à l’ordre public » et qu'il n'était pas assuré qu'il se présenterait à son second procès. La représentante du parquet, Thérèse Brunisso, a souligné que « la réalité est bien différente » et qu’il serait irresponsable de faire comme s'il n’avait pas été condamné.
Un recours en cassation envisageable
Péchier, reconnu coupable d'avoir perturbé l'activité de ses collègues par des actes malveillants entre 2008 et 2017, a toujours nié les accusations. Bien qu'initialement libre lors de son procès en première instance, il a depuis été placé à l'isolement. « Je fais des mots croisés et je réfléchis », a-t-il confié concernant son quotidien en prison.
Son avocat, Me Randall Schwerdorffer, a annoncé son intention de déposer un recours en cassation contre cette décision. La défense espérait que Péchier soit placé sous contrôle judiciaire, en résidence chez ses parents à Poitiers. Son conseil a insisté sur le fait qu'il était « présumé innocent » en attendant son second procès, arguant que sa détention entrave la préparation de sa défense.
Les parties civiles accueillent la décision avec soulagement
Pour les parties civiles, ce refus de remise en liberté est perçu comme une bonne nouvelle. Selon Me Frédéric Berna, représentant certaines victimes, cette décision est un « soulagement ». Il a ajouté que ses clients auraient eu du mal à accepter une telle libération, tandis que Me Stéphane Giuranna a mentionné un risque de fuite avéré et a mis en doute les arguments de la défense. Il a rappelé qu'il est possible pour les avocats de rencontrer leurs clients en prison, ce qui n'est pas un obstacle à une défense adéquate.
La prochaine étape dans cette affaire est l’organisation du procès en appel, qui se complique par la présence d’environ 200 parties civiles. La cour de Besançon a demandé une dérogation pour that the trial be held in the same city, while the lawyer of Péchier calls for Paris or Lyon, arguant qu’un procès équitable ne peut être réalisé à Besançon. La décision finale reviendra à la Cour de cassation.







