Dans une décision marquante, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon a refusé, mercredi, la demande de remise en liberté de Frédéric Péchier, un anesthésiste condamné à la réclusion à perpétuité pour avoir empoisonné 30 patients, dont 12 ont perdu la vie. Son avocat, Randall Schwerdorffer, a annoncé qu'ils feront appel de cette décision.
La cour a justifié son refus par des risques de pressions sur les témoins et des questions d'ordre public, précisant que l'accusé pourrait également ne pas se présenter à son procès en appel. « La situation est différente aujourd'hui », a affirmé l'avocate générale, Thérèse Brunisso, soulignant les implications d'une libération potentielle sur le processus judiciaire.
Pour les victimes et leurs familles, cette décision est perçue comme une victoire. « Nos clients n'auraient pas supporté une liberté pour Frédéric Péchier. Cela aurait été insupportable », a déclaré Me Frédéric Berna, représentant des parties civiles.
Incarcéré depuis la condamnation, Péchier a toujours affirmé son innocence et a récemment enrichi son équipe de défense avec l'ajout d'Emmanuelle Franck, avocate reconnue pour d'autres affaires. En audience, il a insisté sur le besoin d'être libre pour préparer sérieusement son dossier.
Le procès qui se profile sera compliqué par le grand nombre de parties civiles impliquées, près de 200 personnes, ce qui pourrait amener des délais supplémentaires dans la programmation de l'audience. Les avocats de l'anesthésiste ont plaidé pour un procès à Paris ou Lyon, évoquant des doutes sur l'équité d'une procédure à Besançon. Dans une déclaration frappante, Me Schwerdorffer a assuré : « Il ne peut pas y avoir de procès équitable à Besançon. »
Frédéric Péchier, pour sa part, a évoqué ses conditions de détention, passant ses journées à faire des mots croisés. Selon lui, cela l'aide à réfléchir en attendant le jugement qui déterminera son avenir judiciaire.
La Cour de cassation aura bientôt à se prononcer sur cette affaire qui continue de secouer le monde de la médecine et soulève des interrogations sur la justice française.







